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Article #110A boire et à manger..
From: erictoulouse
Date: Sat, 07 Oct 2006 09:22
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A boire et à manger...
J'invite celles et ceux qui me reprochent - surtout par volonté de
me nuire plus que par souci d'honnêteté intellectuelle - de ne pas
m'engager, à comparer, ne serait-ce que mon texte « Hommage à
Redeker » avec celui du tartuffe Bernard-Henri Lévy dans son dernier
bloc-notes « Pourquoi Redeker », publié dans Le Point, n° 1777 du 5
octobre 2006, reproduit ci-après.
Pour comprendre le discours à double sens de BHL, il suffit de se
rappeler son propos d'octobre 2002 sur RMC Info, où il parlait
d'un « islam des Lumières », ce qui le conduit encore
aujourd'hui à prendre grand soin de distinguer l'islam et les
islamistes : une soi-disant poignée de musulmans psychopathes qui
n'auraient rien compris au Coran, le Livre sacré de cette religion
de paix et de tolérance, comme en témoignent les attentats
perpétrés ici et là au nom de l'islam !
Une chose est sûre : sans islam, il n'y aurait pas d'islamistes !
Et personne, dans le monde musulman, n'a donné jusqu'ici - sauf
Mahomet qui était bien placé pour cela ! - le mode d'emploi du
Coran, à savoir la lecture adéquate qui doit en être faite pour
concorder avec nos droits de l'homme contemporain. Comme déjà dit
et redit, ceci est impossible aussi longtemps que les musulmans de la
planète ne disposeront pas d'une autorité religieuse universelle en
mesure de décider de la manière correcte d'interpréter le Coran -
susceptible par ailleurs de contredire le Prophète ! -, et de
l'imposer ensuite à la communauté musulmane internationale.
D'ici-là, c'est-à-dire combien de siècles, voire de
millénaires, il nous reste à contempler le spectacle quasi-quotidien
des attentats perpétrés par les uns et par les autres dans les rues
de Bagdad et d'ailleurs, au nom de leur Livre sacré soi-disant
commun, où il y a précisément à boire et à manger - comme dans une
auberge espagnole !
Et pendant ce temps, chez nous, Mouloud Aounit du MRAP ou Dalil
Boubakeur, entre autres, viennent nous donner des leçons de morale
pour avoir osé critiquer l'islam dans une république autrefois
laïque, tandis que Bernard-Henri « pinaille » entre liberté
d'expression et respect : y a-t-il une meilleure manière de ne pas
dire ce qui déplaît, et de se ranger ainsi aux côtés de la
Superstition..? ! Si, dans notre monde humain tout est relatif, la
religion, toutes religions confondues - monothéistes ou non -, et
la scolastique idéaliste de Descartes et de Kant prétendent exprimer
LA Vérité absolue avec leur Dieu en tout point identique au Dieu
religieux ; or, elle n'est pas celle de la « vraie » philosophie et
de la mystique authentique. Alors, le devoir d'un « vrai »
philosophe est précisément de confronter leur ABSOLU fictif ou dogmes
à l'ABSOLU philosophique, et ceci ne peut se faire qu'au moyen
d'arguments rationnels, à la manière de la démonstration more
geometrico de Spinoza dans Ethique I.
La « vraie » philosophie, comme dit Spinoza, est celle qui concorde
avec la Raison. Un soi-disant philosophe qui ménage la superstition
religieuse n'est qu'un « philosopheur », comme je l'ai fait
savoir sans barguigner à Bernard-Henri Lévy dans ma lettre du 11
février 2005 « Bernard-Henri Lévy, incarnation de la Superstition
», consultable sur MSN, groupe « Philosophie contre Superstition »
Annexe :
Le bloc-notes de Bernard-Henri Lévy
Pourquoi Redeker
Bernard-Henri Lévy
Plus tard, peut-être, je dirai ce que je pense, sur le fond, du texte
de Robert Redeker paru dans Le Figaro du 19 septembre.
Pour l'heure, le principe est simple et doit être affirmé sans
nuance.
On ne discute pas avec un homme à terre, on le relève.
On n'engage pas une dispute avec quelqu'un qui, à cause d'un article,
se voit menacé de mort, traqué, stigmatisé - on lui tend la main, on
le défend et, quand on est un gouvernement, on le protège, on
protège sa famille, on le reloge.
Bref, je me moque de savoir si ce qu'a dit M. Redeker était stupide ou
avisé ; je ne veux pas avoir à me demander s'il est bon ou mauvais
professeur, apprécié ou non par ses collègues, aimé de ses
élèves, bien noté ; je ne veux même pas me poser la question de ce
qu'il avait en tête au moment de donner pour publication le texte
incriminé ; M. Redeker, dès lors que ce texte lui vaut d'avoir sur la
tête, au pays des droits de l'homme et de Voltaire, une sorte de
fatwa, mérite un soutien total, indiscuté, sans bémol.
La liberté d'opinion ne s'arrête-t-elle pas, s'inquiètent certains,
là où commence le respect de l'opinion d'autrui ? Non. Elle s'arrête
- et c'est tout autre chose - là où commencent l'appel à la haine
raciale ou, pis, l'appel au meurtre sur fond de haine raciale : l'islam
n'étant pas une race mais une religion, il s'ensuit que le texte,
même faux, même idiot, d'un professeur de philosophie vitupérant le
Coran n'entre pas dans cette catégorie ; et y entrerait-il d'ailleurs,
l'argument religieux serait-il le masque, en la circonstance, d'une
stigmatisation raciste inavouée, que ce serait aux tribunaux, et aux
tribunaux seuls, d'en juger.
Le professeur n'était-il pas, insiste son ministre de tutelle, Gilles
de Robien, tenu par un devoir, sinon de réserve, du moins de «
modération » ? Non plus. Car autant le professeur est en effet
astreint, dans l'exercice même de son métier, dans l'enceinte de sa
salle de classe, à un devoir de neutralité, autant le citoyen est,
quand il s'exprime dans un journal, libre de son propos ; et croire ou
feindre de croire le contraire, confondre les deux rôles et adresser
au chroniqueur les remontrances que l'on serait éventuellement fondé
à adresser à l'enseignant (et encore ! dans les formes et procédures
requises ! certainement pas comme cela, en public, par médias
interposés, et alors que le nom de l'intéressé est déjà jeté aux
chiens !), voilà qui est, de la part d'un ministre de la République,
une incompréhensible ânerie doublée d'une faute juridique,
politique, morale, inexcusable.
Et quant à ceux qui, enfin, soutiennent Redeker mais du bout des
lèvres, quant à ceux qui ne le défendent qu'après avoir pris la
peine de dire l'antipathie qu'il leur inspire, quant à ces gens qui,
au MRAP par exemple, osent parler de « provocation » qui « génère
l'inacceptable » et renvoient ainsi dos à dos l'inacceptable «
agression » islamophobe et l'inadmissible menace de mort des
islamistes qui lui « répondent », quant à tous ceux qui, çà et
là, insinuent que si, ce qu'à Dieu ne plaise, ce « plumitif
nauséabond » venait à subir le sort d'un Theo van Gogh à Amsterdam
et était « puni » pour son « blasphème », il n'aurait que ce
qu'il a cherché et serait la vraie cause du geste qui le tuerait -
ceux-là, donc, c'est peu de dire qu'ils donnent la nausée : ils
prennent le risque, et de justifier le crime, et d'affaiblir la
République.
Car nous n'avons d'autre choix, au point où nous en sommes, que de
défendre inconditionnellement le chroniqueur du Figaro, par ailleurs
membre du comité de rédaction des Temps modernes.
Le contenu de son article, son caractère possiblement polémique ou
injurieux, n'a, je le répète, strictement plus rien à faire dans un
débat où ce qui est en cause, c'est, outre la vie d'un homme, ce
principe de laïcité conquis de haute lutte, au fil des siècles,
contre les abus de pouvoir, l'intolérance, d'autres Eglises.
Et il faut être conscient de ce que la moindre faiblesse dans ce
débat, la moindre réserve orale ou même mentale quant à
l'imprescriptible droit, pour chacun, de penser et imprimer ce que bon
lui semble sur les religions et sur le reste, le moindre « malaise »
concédé, la moindre « admonestation » ministérielle ou autre, la
moindre indication suggérant qu'il y aurait des « limites » à ne
pas franchir dans l'exercice de la libre pensée et qu'elles auraient,
en l'espèce, été franchies serait un terrible cadeau fait à
l'adversaire au milieu de la grande bataille en cours : comme dans
l'affaire des caricatures ; comme au moment du tollé planétaire qui
suivit le discours de Benoît XVI à Ratisbonne et le contraignit à
des excuses ; comme avec la déprogrammation, la semaine dernière, à
Berlin, d'un opéra de Mozart critiquant toutes les religions mais
supposé, on ne sait pourquoi, offenser en particulier les musulmans...
Quand je dis « l'adversaire », j'entends (faut-il le préciser ?) non
l'islam mais l'islamisme.
Quand je dis « la bataille en cours », je pense (faut-il, une fois de
plus, le répéter ?) à la bataille que se livrent, en islam même,
les partisans de la paix et de la guerre, de la démocratie et de la
tyrannie - les héritiers de la haute civilisation musulmane et les
prétendus théologiens qui tentent de s'approprier le Coran pour en
faire un instrument de haine et de terreur.
© le point 05/10/06 - N°1777 - Page 146 - 906 mots
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