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Article #136Ségolène Royal : "J'ACCUSE !" [Partie IV]
From: erictoulouse
Date: Fri, 26 Jan 2007 19:02
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Le 26 janvier 2007 Objet : J’ACCUSE : « Assez de mensonges et de manipulation » MadameSégolène Royal Parti Socialiste 10 rue de Solferino 75007 Paris Fax : 01 47 05 15 78 [A l’attention de : Arnaud Montebourg, Bertrand Delanoë, Dominique Strauss-Kahn, Élisabeth Guigou, François Hollande, Henri Emmanuelli, Jack Lang, Jean Glavany, Jean-Marc Ayrault, Jean-Pierre Chevènement, Julien Dray, Laurent Fabius, Lionel Jospin, Malek Boutih, Manuel Valls, Martine Aubry, Michel Sapin, Olivier Duhamel, Robert Badinter et Vincent Peillon] Madame, Notre nature humaine, en effet, se caractérise par notre égoïsme inné, auquel personne n'échappe : ni vous, ni « moi », ni tous les Autres, hypocrites inclus, sinon, par quel miracle de la Nature en sa faveur..? ! Toutefois, il faut comprendre le terme « égoïsme » dans son acception adéquate, c’est-à-dire débarrassée de la connotation moralisatrice habituelle de bien et de mal, selon laquelle les uns seraient des altruistes par nature, tandis que les autres seraient des égoïstes par malédiction divine ! Notre égoïsme humain universel, c’est–à-dire présent en tous temps et en tous lieux, est en réalité seulement le désir premier, inné, de tout individu de vivre le plus longtemps et le mieux possible, chacun à sa manière dans son milieu spatio-temporel d'existence. Ainsi, en raison de notre nature égoïste inchangeable, chacun est conduit constamment à rechercher ce qui lui semble être favorable à sa vie = son égoïsme, et à rejeter ce qui la contrarie, y compris et surtout l’ « Autre », dès lors qu'il contrarie nos intérêts égoïstes dans notre quête permanente d’amour, de possession de biens ou de personnes - d’où l’importance de l’argent -, et de gloire ou honneur-vanité ; quête incessante, à laquelle aucun humain n'échappe. De ce fait, notre égoïsme doit être considéré comme la raison d'être, l'explication fondamentale, de tous les comportements humains, individuels et collectifs, d'hier, d'aujourd'hui et de demain… Même nos opinions – et nos revirements d'opinion -, nos jugements, nos engagements et nos luttes ne découlent que de notre seul égoïsme, uniquement de nos aspirations et de nos intérêts égoïstes, puisqu’ils résultent tous, en effet, de la simple réponse par OUI ou NON à cette unique question, plus ou moins consciente selon les circonstances : « Cela est-il favorable pour moi = ma vie = mon égoïsme ? » ; une décision résultant de la confrontation des « pour » et des « contre », déjà évoquée ci-dessus. Les porteurs de pancartes munies d'un simple NON, lors de la dernière campagne présidentielle, de la réforme des retraites, du déclenchement du conflit irakien, et en de multiples autres occasions tout aussi « égoïstes », mais relookées en soi-disant défense de l’intérêt général, suffisent à l’attester. Contrairement à la « croyance au miracle » des idéologies progressistes en un soi-disant progrès moral de l’homme, l’être humain d’aujourd’hui reste en tout point moralement semblable à celui d’hier - et de demain -, à savoir : querelleur, cupide, porté à mentir, à dissimuler, à tricher, à frauder, à « magouiller », à calomnier, à médire, à trahir, à se venger, à se renier, à l’intolérance, à la mauvaise foi, à la partialité, à l’ingratitude, à la jalousie, à l’envie, à la rancune, à l'indiscipline, au non-respect du Droit, etc. S’il y est porté par nature, il ne s’en prive pas pour autant dans le seul souci de ses intérêts égoïstes, individuels et collectifs ! RIEN, hélas, n’est en mesure de changer la nature de l’homme, sauf en rêve ! Aucune idéologie, aucun moralisme, aucune pédagogie, aucune révolution, aucune Église, aucun devoir de mémoire (Shoah et colonisation comprises), aucun homme providentiel, aucun Messie nouveau, aucun type d’organisation sociale (sinon, pourquoi attendre ?), aucune Culture même mondialisée, pas plus que l’addition de lois à des lois, de textes internationaux à des textes internationaux, la réforme de l’ONU ou de l’OMC, l’Europe fédérale ou non, dotée ou non d'un Traité constitutionnel, ni une hypothétique gouvernance mondiale, ni la 6ème République des uns et des autres – quelle incidence sur la marche du monde..? ! -, ni la soi-disant capacité des femmes à faire bouger les choses – en leur faveur, certes ! - ni quoi que ce soit d’autre, ne feront jamais de l'Homme, tel qu'il est, l'Homme tel qu'il devrait être pour faire du rêve d’aujourd’hui la réalité de demain ! La Culture sous toutes ses formes est à jamais impuissante contre notre nature, sans un miracle de la Nature, que même Camus ne semblait pas attendre, à en juger par ce propos : « La souffrance et la révolte s'éteindront avec le dernier homme » ! A se demander pourquoi l'être humain se complaît tellement à être, et à vouloir demeurer, « naïf, cocu et frustré »..? ! Cela ne saurait témoigner d'une grande profondeur de réflexion, et pourtant ils sont encore des milliards à croire aux propos mensongers des charlatans, qui exploitent leur crédulité confinant au mieux à la naïveté, au pire à l’insuffisance intellectuelle : vous avez dit : « RAISON »..? ! Certes, c'est le droit le plus légitime de chacun de privilégier le rêve et la « croyance au miracle » en les justifiant par une vision positive du lendemain : positive, peut-être, mais est-elle « réaliste », dès lors que cette vision optimiste est renvoyée à DEMAIN, encore DEMAIN, toujours DEMAIN ? Elle est opposée par les « rêveurs » à ce qui peut paraître de prime abord, mais seulement de prime abord, comme une résignation, un refus de la lutte. Pour répondre à cette objection, je vous renvoie au paragraphe sur l'égoïsme, où j’ai montré que tout individu est porté par son égoïsme inné à rechercher ce qui est favorable à sa vie, et à rejeter ce qui la contrarie. Pour ce faire, chacun est donc conduit selon les circonstances, à privilégier, tantôt la lutte, tantôt la fuite, en fonction des moyens de toutes sortes, dont chacun dispose, de manière plus ou moins « juste », par nature, ou autrement. Le problème est que même la lutte, comme l’ont amplement prouvé les révolutions, ne suffit pas à changer l’ordre de la société pour le rendre « absolument » juste, puisque c’est précisément une « impossibilité absolue » ! Si vous contestez mes propos, ce qui est votre droit le plus légitime, je vous mets au défi ainsi que tous les penseurs, « politiques » et autres du monde entier de m’indiquer concrètement comment éradiquer, de manière universelle et définitive : violence, conflits individuels et collectifs, rivalités de toutes sortes, privilèges, injustices, inégalités, favoritisme, népotisme, loi du plus fort, exploitation d’êtres humains, corruption et autres pratiques assimilées, discrimination sous toutes les formes déjà évoquées, sans oublier la délinquance au quotidien et la misère mondiale, mais aussi de préciser comment parvenir à instaurer tout aussi universellement et définitivement : paix, justice, liberté, égalité et fraternité, voire stricte application du Droit, que chacun, « vertueux » compris, bafoue allègrement dans tous les domaines, dès que ses intérêts le réclament - au premier feu rouge venu, par exemple ! L’impossibilité pour quiconque de relever ce défi, sauf à vous de démontrer le contraire, permet de mesurer l’immensité du mensonge du monde colporté par la pensée superstitieuse de l’idéologie, toutes idéologies confondues, grâce à ses relais médiatico-politiques appuyés sur les mensonges d’une prétendue intelligentsia dont le courage de débattre ne vaut pas mieux que sa malhonnêteté intellectuelle avérée par le texte annexé, Mensonges et lâcheté des élites. L’idée chimérique de changer le monde, déjà aberrante sur le plan intellectuel, est surtout une « impossibilité absolue », philosophiquement parlant, dès lors que l’on entend en faire un monde parfait ou « absolument juste », comme cela peut être démontré more geometrico à la manière spinoziste. Il est d’autant moins possible de changer le monde qu’il est en perpétuel changement, comme l’atteste l’incessant mouvement universel des choses ; dans notre monde, l’ordre ou juxtaposition des choses change sans cesse, et nous, humains, y sommes seulement des choses parmi la multiplicité des choses en mouvement ou changement ! C’est pourquoi, sans entrer ici dans un débat philosophique exhaustif sur l’impossible coexistence de « deux » absolus, à supposer même que notre monde puisse devenir « parfait » ou « absolument juste », à un moment donné, il aurait déjà cessé de l’être à l’instant suivant, en raison de l’incessant changement dans l’ordre des choses. Seul, en effet, ce qui est « absolument » immuable » peut être à la fois « absolument parfait » ! La promesse d’un monde nouveau n’a donc pas de sens, puisque notre monde est constamment « nouveau » ; de ce fait, il n’y aura jamais d’ordre juste définitif, car cela impliquerait d’arrêter le mouvement universel des choses : ils sont vraiment forts, ces « rêveurs » et autres « croyants au miracle » ! ! ! Pour terminer, je rappelle ce qui a déjà été exposé précédemment, à savoir la fiction de notre prétendu « libre arbitre », opposable sur le plan philosophique à la « nécessité » spinoziste, par quoi il faut entendre le devenir inéluctable du monde, résultant de l’enchaînement causal infini de l’infinité des causes et des effets. En vertu de ce déterminisme, tous les évènements du monde, qu’ils soient naturels, historiques ou individuels, se produisent toujours « nécessairement », comme les lois scientifiques suffisent à l’attester dans le monde des phénomènes de la nature. Toutefois, il n’en va pas différemment pour les évènements historiques, collectifs, ainsi que pour ceux de notre propre vie qui ne dépendent pas davantage d’un quelconque prétendu libre arbitre – sauf à vos intellectuels et / ou philosophes de démontrer le contraire ! C’est pourtant sur cet illusoire « libre arbitre », exprimé par l’adage populaire « vouloir, c’est pouvoir », que se fondent toutes les promesses électorales des uns et des autres, faisant ou laissant croire que la réalisation de leurs engagements dépendrait de leur bon-vouloir, d’une pseudo-volonté libre, totalement détachée de la causalité infinie. Or, pour témoigner du contraire, j’emprunte le propos suivant à Mikhaïl Gorbatchev, pas vraiment un philosophe reconnu, mais un responsable politique expérimenté, déclarant : « Rien ne peut être fait hors du cadre d’une nécessité supérieure ». En effet, contrairement à ce que laissent entendre les responsables politiques de tous bords, ici et là, la marche du monde ne dépend pas de notre prétendu « libre arbitre », cette croyance superstitieuse héritée de la religion et de l’idéalisme kantien, en particulier. En réalité, il est seulement l’illusion qu’il suffirait de vouloir pour pouvoir, comme je l’ai entendu dire publiquement par Jack Lang déclarant sur un plateau télévisé : « Quand un gouvernement veut, il peut » ! Comme quoi, on peut être un responsable politique de haut rang, et avoir une vision superstitieuse des choses – d’où mon plaidoyer pour introduire la philosophie à l’ENA ! ! ! Du fait de leur « croyance au miracle » qu’il serait en leur pouvoir de réaliser ce qu’ils ont décidé, les responsables politiques s’autorisent toutes les promesses et toutes les surenchères, dont le monde entier attend encore la concrétisation en matière de liberté, d’égalité et de fraternité, notamment. J’affirme toutefois, sans aucun risque d’être démenti par les millénaires à venir, que les êtres humains les attendront jusqu’à la fin des temps, comme Camus lui-même l’a déclaré sans ambiguïté ; alors, pourquoi continuer à leur « mentir » ? Pendant combien de siècles, combien de millénaires encore, va-t-on leur raconter les sornettes de la Superstition, non seulement idéologique et moraliste, mais également religieuse et métaphysique [Scientisme matérialiste et scolastique idéaliste] ? Pas étonnant que les citoyens-électeurs bercés d’illusions se détournent de la politique, puisqu’ils constatent sans cesse le décalage entre les mirifiques promesses et leurs résultats. Cependant, ce n’est pas pour autant que la campagne présidentielle 2007 sera avare de promesses et de surenchères en tous genres, puisque les électeurs n’ont pas conscience que la marche du monde, ainsi que notre vie, dépendent du déterminisme infini, et non d’un prétendu libre arbitre ; la seule possibilité laissée aux humains est l’obligation de s’adapter, pas celle de maîtriser leur destin à leur guise. Puissiez-vous donc méditer avec profit les propos suivants de Mikhaïl Gorbatchev, ce responsable politique « intellectuellement honnête », devant la nécessité : « Le futur ne peut être le fruit de rêves ; il naît de la réalité, des contradictions et des tendances de son développement. L’expérience historique atteste qu’aucune révolution ne se déroule selon un plan conçu d’avance. Aucune révolution ne donne exactement les résultats escomptés ; la révolution n’était ni fortuite, ni une erreur. Quand on est au pouvoir, on est toujours otage de la situation. L’œuvre de Lénine, comme celle de Mao, montre que la pensée d’un homme peut façonner la vie de milliards d’autres hommes pendant plusieurs générations, et être en substance une aberration consternante. » [Mikhaïl Gorbatchev, source Le Point, n°901, semaine du 24 au 31 décembre 1989] L’ex-leader soviétique donnait là une leçon de « vérité », qui n’exprime rien d’autre que celle des grands diseurs de LA Vérité éternelle absolue, ces penseurs véritablement universels qui ne confondent pas absolu et relatif, et a fortiori n’ « absolutisent » pas les vérités relatives du monde. L’impossibilité absolue pour notre entendement de connaître l’enchaînement causal infini de l’infinité des causes et des effets de tout phénomène laisse croire à un « possible réalisable ». Or, parler d’un « ordre juste possible », ou prétendre que « tout devient possible », relève seulement d’un discours mensonger qui trompe l’opinion, comme François Bayrou lui-même l’a dénoncé ! Le possible n’est en effet qu’une illusion de notre prétendu libre arbitre, ignorant du déterminisme. A suivre cette idée de pseudo-volonté libre, chacun ferait donc commencer la causalité en chacun de lui, et deviendrait ainsi, en certaines circonstances - tel un petit dieu ! -, le premier maillon ou la cause première d’une chaîne causale initiée par lui. Dès lors, la causalité ne serait plus infinie par définition, puisqu’elle aurait un commencement absolu : chacun d’entre nous ! Hélas, personne, même pas les socialistes, ne maîtrise le déterminisme infini en quelque domaine que ce soit, croissance économique et emploi, par exemple. De plus, ce que Spinoza nomme « Dieu » ou Substance agit aussi seulement en vertu de la « nécessité » de sa nature, et non en raison de son prétendu « libre arbitre », comme il en va pour le Dieu superstitieux des religions monothéistes ou de l’idéalisme kantien. Ainsi, aurait-il pu tout aussi bien ne pas créer notre monde, en vertu de son « libre choix » - par chance, Dieu s’ennuyait, tout seul dans son paradis ! J’en ai ainsi terminé avec ma dénonciation des mensonges et des « croyances au miracle » de la superstition idéologique et moraliste. Toutefois, la dénonciation des mensonges du monde ne se limite pas à l’idéologie et au moralisme, car d’autres menaces pèsent sur la planète sans que quiconque, intellectuel ou philosophe notamment, ne dénonce, sur le plan philosophique, des dogmes qui sont tout sauf l’expression de la Vérité absolue. C’est pourquoi j’attire votre attention sur cette mise en garde de Constantin Brunner : « Ménager la superstition aujourd’hui, c’est s’exposer demain à des dangers encore plus grands. » ; or, le monde préfère voler à son secours, comme de récents incidents l’ont prouvé, au point que même une fatwa - en France, au XXIe siècle ! – n’a pas provoqué, au plus haut sommet de l’Etat, la réaction qui s’imposait dans une République laïque ! En votre qualité de « porte-parole de la vérité », selon votre déclaration faite à Toulon, lors de la réunion participative du 18 courant, je vous invite à me faire part de vos éventuelles objections sur des points de désaccord très précis, ainsi que de vos propositions concrètes pour relever le défi lancé ci-dessus à tous les penseurs, « politiques » et autres du monde entier. Dans cette éventualité, je vous remercie de votre attention et vous prie d’agréer, Madame, mes salutations distinguées. Annexe : « Mensonges et lâcheté des élites »
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