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Article #5279Un g�n�ral de l'OTAN a ordonn� un assaut contre les troupes russes � la fin de la guerre en Yougoslavie
From: regina1934
Date: Sat, 14 Aug 1999 00:00
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Extrait du Site socialiste mondial (World Socialist Web Site) du Comit� International de la Quatri�me Internationale : http://www.wsws.org Un g�n�ral de l'OTAN a ordonn� un assaut contre les troupes russes � la fin de la guerre en Yougoslavie Par Jerry White Le 4 ao�t 1999 Le g�n�ral Wesley Clark, commandant supr�me de l'OTAN a ordonn� aux troupes britanniques et fran�aises de lancer un assaut en juin dernier contre les troupes russes pour les emp�cher de prendre le contr�le de l'a�roport de Pristina suite � l'arr�t des bombardements de l'OTAN en Yougoslavie. Mais les ordres du g�n�ral am�ricain ont �t� rejet� par le commandant britannique des forces terrestres de l'OTAN au Kosovo (KFOR), qui lui a par ailleurs d�clarer ult�rieurement qu'il ne voulait pas courir le risque de d�clencher une guerre mondiale en confrontant les Russes. Cette controverse a �t� r�v�l�e par le magazine Newsweek du 2 ao�t, soit moins d'une semaine apr�s que Clark ait �t� inform� qu'il sera relev� de ses fonctions au printemps prochain, un geste g�n�ralement attribu� aux diff�rends r�p�t�s qu'il a eu avec les dirigeants militaires et civils � Washington et en Europe relativement � sa conduite pendant les onze semaines de campagne a�rienne. Selon Newsweek, � � la fin de la guerre, Clark voulait tellement emp�cher les Russes de marcher sur l'a�roport de Pristina qu'il a ordonn� un assaut a�roport� pour leur ravir le terrain. Mais le g�n�ral britannique Michael Jackson commandant des forces de maintien de la paix au Kosovo a refus� d'ex�cuter ses ordres. Frustr�, Clark a par la suite demand� � l'amiral James Ellis Jr., l'officier am�ricain responsable du commandement sud de l'OTAN, d'envoyer des h�licopt�res se poser sur les pistes de l'a�roport pour emp�cher que les immenses avions de transport russes Ilyushin puissent les utiliser. Ellis s'est d�rob� en d�clarant que Jackson n'appr�cierait pas un tel geste. � Je ne commencerai la Troisi�me Guerre mondiale pour vous � aurait d�clar� Jackson � Clark. Tant Jackson que Clark ont fait appel aux dirigeants politiques de leur pays respectif pour leur demander leur appui. Jackson a re�u tout l'appui n�cessaire, contrairement � Clark. Effectivement, les ordres de ce dernier en tant que commandant supr�me ont �t� annul�s �. Selon l'agence d'information britannique ITN, des h�licopt�res am�ricains et des troupes britanniques et fran�aises avaient d�j� �t� mobilis�es en Mac�doine pour l'assaut et auraient �t� d�ploy�es n'eut �t� le refus de Jackson d'ex�cuter les ordres de Clark. Une source militaire a confi� au Washington Times qu'apr�s que les Russes eurent atteint l'a�roport, le g�n�ral Clark ordonna � nouveau au commandant de la KFOR d'envoyer des chars et des v�hicules blind�s � l'a�roport pour emp�cher tout nouveau d�ploiement russe. Toujours selon la m�me source, le g�n�ral Jackson a rejet� toute utilisation d'unit�s blind�es britanniques apr�s que les dirigeants politiques � Londres aient refus� de d�placer des chars aussi pr�s de v�hicules blind�s de transport de troupes russes. C'est douze jours plus tard, soit le 24 juin, que Clark quitte le quartier g�n�ral de l'OTAN en Belgique et d�barque au Kosovo avec la ferme intention de revoir le d�ploiement des forces de la KFOR. Selon le Sunday Times britannique, Clark s'est alors plaint que ses ordres n'avaient pas �t� ex�cut�s. Le g�n�ral am�ricain s'est �galement plaint que Jackson ait fait appel aux hommes politiques. C'est lors de cette rencontre que Jackson a justement fait sa remarque � propos de la Troisi�me guerre mondiale. Les 11 et 12 juin, quelques 200 hommes de troupes russes stationn�s en Bosnie p�n�tr�rent rapidement au Kosovo imm�diatement apr�s le retrait des troupes serbes � la fin de la campagne de bombardement. Elles ont �t� accueillies par des foules de civils serbes en liesse plusieurs heures avant que les troupes de l'OTAN n'entrent � leur tour dans la province. Les forces russes se sont alors retranch�es au nord de l'a�roport de Slatina, d�fiant ainsi les demandes de l'OTAN de quitter la zone. Washington �tait tr�s pr�occup� des d�placements rapides des russes et par leurs demandes de pouvoir administrer leur propre secteur de � maintien de la paix � au nord du Kosovo et que leurs forces ne soient pas subordonn�es au commandement de l'OTAN. L'administration Clinton a tent� de diminuer l'importance de ce fait en pr�f�rant passer par la � voie diplomatique �, notamment en mena�ant de couper tout pr�t du FMI � la Russie et en tentant d'acheter des repr�sentants civils et militaires russes. Les �tats-Unis ont �galement persuad� la Hongrie et la Roumanie d'interdire leur espace a�rien aux Russes, emp�chant ainsi ces derniers d'envoyer des avions de transport pour renforcer leurs troupes � l'a�roport de Pristina. Ce n'est finalement qu'au d�but de juillet que les Russes ont accept� d'int�grer leurs forces dans le cadre des op�rations de l'OTAN. Alors m�me que Clark ordonnait un assaut contre les troupes russes, un haut responsable de l'administration Clinton d�clarait le 12 juin au New York Times � je ne crois pas que nos militaires aient �t� outr�s par cet �v�nement. Certes ils n'appr�cient pas avoir �t� flou�s par les Russes, mais d'un autre c�t�, il ne faut pas oublier qu'il y a tellement de changements au sein du gouvernement russe que personne ne sait vraiment ce qu'ils veulent �. Clark a lui aussi d�clar� en public qu'il n'y avait pas de raison de s'inqui�ter outre mesure de la possibilit� d'une confrontation entre les forces de la Russie et de l'OTAN, tout en signalant cependant le fait que Jackson � avait tous les pouvoirs � pour chasser les troupes russes. Mais comme le publiait r�cemment le magazine The New Yorker : � Clark avait beau pr�tendre que tout cela ne le d�rangeait pas, il �cumait en fait de rage �. Il est difficile de dire si Clark avait l'appui de certains repr�sentants � Washington, mais plusieurs soup�onnent que oui, notamment parmi les Europ�ens. Jonathan Eyal, directeur d'�tudes au Royal United Services Institute de Londres a d�clar� : � il est facile de jeter tout le bl�me sur Clark, mais je doute fort qu'il aurait prit un tel risque sans jouir d'un soutien aux �tats-Unis. La controverse relative � une possible confrontation arm�e avec les Russes constitue l'�pisode le plus tendu et le plus �touff� des relations entre les �tats-Unis et l'Europe en g�n�ral et aurait entra�n� la plus importante crise diplomatique depuis la fin de la guerre froide �. Au sein de l'establishment de la politique �trang�re des �tats-Unis, plusieurs personnages politiques ont r�clam� cette confrontation, dont notamment l'ancien conseiller � la s�curit� nationale Zbigniew Brzezinski qui signait l'�ditorial du 14 juin dans le Wall Street Journal intitul� � L'OTAN doit mettre fin au jeu de puissance des Russes �. Finalement, Clark a apparemment recul� apr�s que ses sup�rieurs au Pentagone et � la Maison Blanche semblent avoir tenu compte des avertissements des Britanniques selon lesquels toute confrontation avec les Russes, toujours munis d'armes nucl�aires, �tait d�conseill�e. Tout au long de la guerre, Clark est entr� en conflit � maintes reprises avec les autorit�s militaires et civiles. Il a toujours soutenu les actions militaires les plus agressives, sans tenir compte du nombre de victimes tant civiles qu'au sein des troupes de l'OTAN que cela entra�nait, ni des cons�quences politiques possibles, notamment en Europe o� les gouvernements de Gr�ce, d'Italie et d'Allemagne auraient pu �tre renvers�s si le sentiment anti-guerre avait continu� de se d�velopper. Bien avant que ne commence la campagne de bombardement de l'OTAN, Clark est entr� en conflit avec le secr�taire � la d�fense William Cohen et d'autres repr�sentants am�ricains en demandant que les �tats-Unis se servent des all�gations des massacres d'Albanais perp�tr�s par les Serbes pr�s de la ville de Racak en janvier dernier comme pr�texte pour lancer des frappes a�riennes imm�diates. Les responsables am�ricains pr�f�r�rent plut�t pr�senter leur ultimatum � Milosevic (les accords de Rambouillet) de fa�on � donner l'impression que tous les efforts diplomatiques avaient �t� �puis�s avant que les avions de l'OTAN ne commencent les frappes a�riennes. Le 24 mars, premi�re journ�e de la campagne de bombardement, les dirigeants politiques de l'OTAN d�cid�rent de limiter les types d'objectifs, croyant que la premi�re vague de frappes a�riennes forcerait Milosevic � capituler. Mais de leur c�t�, Clark et l'�tat-major des forces a�riennes voulurent frapper les centre-villes d�s la premi�re nuit pour couper l'alimentation �lectrique et le t�l�phone, d�truire les sites de commandement et de conduite des op�rations de Belgrade et des autres grandes villes, de m�me que les r�sidences priv�es de Milosevic. D�s le d�but du conflit, Clark demanda la cr�ation d'une force op�rationnelle form�e d'h�licopt�res d'attaque Apache, apr�s avoir �t� � la Maison Blanche malgr� les protestations du chef d'�tat-major des �tats-Unis, le g�n�ral Dennis Reimer. Ce geste s'inscrivait dans ses efforts pour pousser le Pentagone � pr�parer un assaut terrestre au Kosovo qui engagerait l'arm�e - sa propre branche de service - mais �galement l'aviation et la marine des �tats-Unis. C'est � la fin de mai que les pressions de Clark lui ont permit de frapper les postes de transformateurs du r�seau �lectrique yougoslave, privant ainsi d'�lectricit� et d'�clairage les h�pitaux et les usines d'�puration des eaux. Dans l'�dition du mois d'ao�t du magazine The New Yorker, Michael Ignatieff cite Clark faisant part de sa frustration � propos de � la seule campagne de bombardement a�rien de l'histoire o� les amoureux ont pu jusqu'� pr�sent se promener au bord des cours d'eau au cr�puscule et d�ner aux terrasses des caf�s tout en admirant les feux d'artifices �. Bien que la brutalit� du g�n�ral Clark ait bien servi les int�r�ts des �tats-Unis pendant la guerre, sa r�putation d'impr�visibilit� semble avoir mit fin � sa carri�re militaire. Choisi pour commander l'OTAN en 1997 apr�s avoir dirig� les forces am�ricaines en Am�rique Latine et avoir �t� l'officier sup�rieur en rang le plus �lev� d�tach� pour la mission de Richard Holbrooke de 1995 qui aboutit aux accords de Dayton, Clark s'est finalement fait dire par le pr�sident de l'Instance coll�giale des chefs d'�tat-major qu'il serait relev� de son commandement. M�me s'il devait servir trois ans � titres de commandant des forces am�ricaines en Europe et de g�n�ral en chef de l'OTAN jusqu'en juillet prochain, Clark devra maintenant quitter ses fonctions en avril. Sept de ses dix pr�d�cesseurs ont servis plus de trois ans � ce poste. Bien que le Pentagone ait pr�sent� cette mutation comme un simple changement de routine, Clark n'a laiss� aucun doute par ses d�clarations publiques depuis que la nouvelle de ce changement a fuit dans les m�dias qu'il a ressenti cette d�cision comme une surprise et un affront. Lors d'une s�ance de breffage tenue � Washington le 2 ao�t, le porte-parole du D�partement d'�tat des �tats-Unis, James P. Rubin, a �lud� toutes les questions relatives au diff�rend de juin dernier survenu entre Clark et Jackson, affirmant que � c'est aux historiens de parler de ce qui s'est pass� ou de ce qui ne s'est pas pass� pendant cette p�riode. Cela n'a plus d'importance maintenant �. En fait, ces �v�nements d�montrent justement combien la politique t�m�raire et le militarisme des �tats-Unis sont porteurs du danger d'une conflagration beaucoup plus importante qui pourrait m�me aller jusqu'� l'utilisation des arsenaux nucl�aires. Pour le moment, la guerre s'est bien termin�e pour l'administration Clinton, malgr� qu'elle ait engendr� un d�sastre humanitaire, une violence ethnique constante et la ruine �conomique des peuples de la r�gion. Une guerre balkanique totale et la confrontation des forces de l'OTAN et russes ont �t� �vit�es. Mais cet incident r�v�le jusqu'� quel point une telle confrontation a failli arriver et constitue un avertissement : la prochaine guerre pourrait bien ne pas se terminer de mani�re aussi � ordonn�e �. Lecteurs: Nous vous invitons � faire parvenir vos commentaires sur cet article : sep-pes@wsws.org
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