🚀 go-pugleaf

RetroBBS NetNews Server

Inspired by RockSolid Light RIP Retro Guy

1 total messages Started by erictoulouse Fri, 23 Feb 2007 10:50
Ségolène Royal ou l'art de faire du neuf avec du vieux
#150
Author: erictoulouse
Date: Fri, 23 Feb 2007 10:50
330 lines
16076 bytes
           Ségolène Royal ou l’art de faire du neuf avec du vieux…


Après des milliers, paraît-il, de « débats participatifs », dont on
allait voir ce qu’on allait voir, Ségolène Royal vient de se  rendre à
l’évidence, de force plus que de gré, que la méthode Coué ne suffisait
pas pour changer le monde, voire seulement la France.

Ce fantasme, dont j’ai traité dans le post « Méthode Coué et débilité
intellectuelle » a pour limite incontournable celle de notre prétendu
« libre arbitre », bien obligé de concéder finalement que « vouloir ne
suffit pas pour pouvoir ». De ce fait, la raison et le pragmatisme qui
l’accompagne en reviennent à la « nécessité » éternelle, au sens
spinoziste du terme, en vertu de laquelle il reste seulement aux
humains l’obligation inéluctable de « s’adapter » aux circonstances,
quelles qu’elles soient.

Ainsi Ségolène Royal a-t-elle dû se résigner à ce qui lui paraissait
hier « inimaginable », à savoir solliciter le retour des éléphants !
Personne ne manque à l’appel, même pas Lionel Jospin, « retraité
autoproclamé » de la politique depuis cinq ans, dont le comportement «
à géométrie variable » envers Ségolène Royal, en quelques mois, est
manifeste, et se passe de commentaire !

Forcément, elle a réalisé sur le plan pratique qu’elle ne pourrait pas
gouverner toute seule, et qu’il lui faudrait des ministres. Comme les
Français réclament de « nouvelles têtes », elle avait donc imaginé
dans son rêve de moderne « pucelle d’Orléans », oublieuse toutefois
qu’elle avait aussi gouverné la France depuis plus de vingt ans, sous
Mitterrand comme sous Chirac, de recourir seulement à la nouvelle
couvée socialiste, c’est-à-dire des poussins à peine éclos sous
Mitterrand.

Las, l’un a été suspendu, l’autre s’est exclu d’office pour
incompatibilité d’humeur, et les perdreaux du jour ne courent pas les
rues, à l’exemple de Malek Boutih venu à la direction du PS après
subornation de témoins dans une affaire criminelle et malversations
financières avérées ! Après ce retournement de veste, pire d’idées,
comment  croire dès lors aux promesses d’une candidate, dont chacun
vante par ailleurs l’humanité, tout en soulignant son incompétence
manifeste à présider la France ?

Parlons-en précisément de son humanité, hormis son geste théâtral lors
de sa dernière prestation télévisée sur TF 1 ! Pitié de femme, comme
disait d’elles Spinoza à propos de leur amour des animaux, et pulsion
compassionnelle d’aujourd’hui à aimer le monde entier, mais pas son
voisin, voire ses parents, et surtout pas ceux qui pensent
différemment, comme l’illustrent les exemples suivants !

Cette prétendue humanité d’une « tueuse » politique, en effet, c’est
celle qui l’a conduite à refuser de serrer la main d’un ministre
chilien, ou d’une candidate à la mairie de Paris, alors qu’elle a eu
moins de scrupules à faire ami-ami avec des dirigeants chinois, dont
l’âge canonique n’exclut pas qu’ils aient participé de près ou de loin
à l’extermination de millions, voire dizaines de millions, de leurs
compatriotes sous l’ère Mao !

Qui la blâmerait toutefois d’être un être humain égoïste, semblable en
tout point aux six milliards et quelques individus de la planète, si
elle ne se présentait pas « hypocritement » comme faisant exception à
notre nature immuable, « inchangeable » ? Pas moi, en tout cas, et
pour être tout à fait juste avec elle, j’inclus tous ceux qui donnent
une fausse apparence d’eux-mêmes dans le seul souci de leurs intérêts
égoïstes de toutes sortes, électoraux notamment.

Ils sont innombrables, en effet, parmi les soi-disant « élites », ceux
que je dénonce chez tous les « faiseurs d’opinion » du monde de
l’information, de la politique, de l’intelligentsia et des
associations « droits-de-l’hommiste », dont aucun ne devrait
s’abstenir de déclarer « Plus égoïste que moi, tu meurs ! » ;
autrement dit : je veux le bonheur de l’humanité, de mes concitoyens,
mais d’abord le mien ! ! ! Personne n’y échappe, rares sont ceux qui
le disent, hormis ceux qui n’ont rien à vendre ! ! ! Je ne suis pas
meilleur que les autres, devrait être le leitmotiv de chacun…

Dans son article « Ségo, une campagne trop perso », l’hebdomadaire Le
Point (cf. n°1797 du 22 février 2007) - soit un jour avant l’annonce
officielle ! - explique très bien le changement stratégique de
Ségolène Royal motivé par ses seuls intérêts égoïstes, ce contre quoi
je n’ai rien à dire, puisque je les comprends mieux que quiconque pour
les raisons indiquées.

Carl Meeus, auteur de l’article, écrit notamment :

« De l’avis de ceux qui l’entourent, la ténacité et la détermination
absolue sont les atouts essentiels de la candidate du P S.

Mais lundi matin, quand elle a pris connaissance de l’étude que
l’institut Ipsos a réalisée pour Le Point, « ça lui a sapé le moral »,
témoigne l’un de ses proches qui était à ses côtés dans son bureau du
282 boulevard Saint Germain. Le sondage, réalisé en fin de semaine,
montrait un décrochage très net de son électorat au profit de Bayrou.

En une semaine, elle a, en effet, perdu quatre points.  Depuis le
début de l’année, elle est passée de 32% d’intentions de vote à 23% !
Dans le même temps François Bayrou grimpe de 12% à 16% d’intentions de
vote. Or, de l’aveu même des dirigeants socialistes, le plancher à ne
pas crever était fixé à 25 % !

[Après « ça », ils viendront vous dire – sans mentir, promis, juré ! -
qu’ils n’ont pas l‘œil constamment rivé sur les sondages !]

Carl Meeus poursuit :

Comme le souligne un socialiste, la bulle spéculative autour de
Ségolène Royal a éclaté. Les électeurs se sont tournés vers François
Bayrou, comme on se tourne vers une valeur refuge de la Bourse.

Les plus optimistes insistent sur l’impatience des militants et des
électeurs. Selon François Rebsamen, codirecteur de campagne : « Sur
les marchés, les gens nous demandent de ne pas la laisser seule, de
l’aider. » Dans la Nièvre, Gaëtan Gorce, l’un des porte-parole,
constate la même tendance : « On se fait engueuler car les gens nous
reprochent de ne pas serrer les rangs autour d’elle. »

Certains ont commencé à faire tourner les ordinateurs pour tester le
nombre de députés socialistes qui reviendraient dans l’hémicycle de
l’Assemblée nationale en cas de défaite au second tour de Ségolène
Royal. Le résultat confidentiel est accablant : personne n’envisage de
retrouver un groupe aussi nombreux qu’aujourd’hui. Du coup, certains
ont la tentation de jouer à chacun pour soi et de labourer leur
circonscription, malgré les appels à la mobilisation de François
Hollande. Tant pis pour la candidate.

[Vous avez dit « égoïsme » ou intérêt général supposé, bien
entendu..? !

Même si elle a battu le record d’audience de Nicolas Sarkozy, même
s’ils concèdent qu’elle rassemble beaucoup de monde dans ses meetings,
les élus socialistes n’ont pu s’empêcher de noter que Ségolène Royal
n’a pas levé les doutes sur sa crédibilité présidentielle en restant
dans le domaine compassionnel au cours des deux heures et demie de
l’émission.

Depuis une semaine les responsables de la campagne de Ségolène Royal
concèdent qu’elle a un sérieux problème dans ce domaine. « Elle a
perdu des points importants sur la stature présidentielle », reconnaît
un socialiste, qui commence à douter de sa capacité à rebondir. « Elle
est têtue. Elle n’en fait qu’à sa tête. » Tels sont les leitmotivs de
ses conseillers, impuissants à la faire changer d’avis.

A propos du retrait d’Eric Besson, c’est la réaction de la candidate
qui pose problème. Au lieu de se montrer compatissante, voire
compréhensive, elle a choisi le mépris et l’humiliation publique,
qu’elle a placés  sous le sceau de son « ordre juste »

 [Une « aberration intellectuelle et philosophique » mensongère, dont
j’accuse nommément et publiquement Ségolène Royal, en attendant
sereinement ses arguments contraires à ceux de ma lettre du 27 janvier
dernier !]

Ségolène Royal n’a toujours pas réglé son problème avec le PS. Ayant
construit sa candidature sur ses différences, voire ses divergences
avec le Parti socialiste, elle ne se voit pas aujourd’hui  se placer
sous ses fourches Caudines. [Rappel : cf. date de l’article]

Il semble de plus en plus évident qu’au-delà des « consolidations » de
l’équipe de campagne, le problème vient essentiellement de la
candidate et de la façon « personnelle » qu’elle a de gérer sa
campagne.

Un élu résumait parfaitement l’ambiance qui régnait au PS en début de
semaine : « Si elle en sort là, c’est qu’elle est vraiment très forte.
» Au ton de sa voix, il était clair qu’il doutait. » [Fin de
citation]

[Cet élu pourra désormais dire : « Si elle gagne, ce sera avec l’appui
des éléphants. » Quel aveu de faiblesse pour une candidate qui se
voulait solitaire, unique en son genre !]

Ce résumé de l’article de Carl Meeus me sert fort opportunément de
transition pour en venir à l’ « aventurisme » de François Bayrou.
Encore un qui voudrait nous faire croire  qu’ « avec du vieux, on fait
du neuf » !

Il nous refait le coup de la troisième voie, à savoir l’alliance de la
droite et de la gauche pour gouverner dans l’harmonie ! Je ne parle
pas même pas de son centre introuvable, fluctuant au gré des
circonstances : un coup ministre d’Edouard Balladur, un autre votant
avec la gauche contre un projet de loi de droite. Sur le principe, je
ne suis pas contre, mais Edgar Faure nous a déjà fait le coup avec sa
« majorité d’idées », sans grand résultat jusqu’ici.  Entre nous, vous
auriez confiance, vous, en un spécimen de ce genre, faisant partie de
votre entourage, dont vous ne savez jamais ce qu’il vous réserve..? !

La « troisième voie » a montré ses funestes conséquences pratiques
sous la IVe République, au point que De Gaulle, après une dizaine
d’années de réflexion solitaire à Colombey, a privilégié la stabilité
des institutions dans la Constitution de 1958, fut-ce au prix d’une
cohabitation présentant néanmoins plus de positif que de négatif, à en
juger par les multiples et incessants changements de gouvernement, qui
ont conduit à son retour en 1958.

Certes, l’Allemagne semble expérimenter aujourd’hui avec un certain
succès la coalition gauche-droite, mais il faut dire qu’elle bénéficie
de circonstances différentes en matière économique, et le
communautarisme ne semble pas y être au niveau du nôtre, sauf à me
montrer avec précision une guerre mémorielle et une influence de
l’islam, semblables à ce qu’elles sont ici.

Par contre, l’Italie vient de nous montrer où pouvait mener en
quelques mois une coalition fondée pourtant essentiellement sur des
partis de même tendance idéologique, au point d’entraîner peut-être le
retour de Sylvio Berlusconi. Si ce n’est pas de l’aventurisme, « ça »
s’appelle comment..? !

Ceci dit, je ne fais l’apologie d’aucun candidat, car déclarer que «
tout devient possible », sous-entendu par la seule magie de l’action
de son « libre arbitre » est, philosophiquement parlant, tout aussi «
mensonger »…

 Comme déjà écrit, y compris à Jacques Chirac – cf. lettre du 7
décembre 2005 - : « A se demander pourquoi l’être humain se complaît
à être, et surtout à vouloir demeurer, « naïf, cocu et frustré »
jusqu’à son dernier jour..? !
Thread Navigation

This is a paginated view of messages in the thread with full content displayed inline.

Messages are displayed in chronological order, with the original post highlighted in green.

Use pagination controls to navigate through all messages in large threads.

Back to All Threads