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1 total messages Started by erictoulouse Thu, 05 Apr 2007 09:26
Prophète de bonheur : Oui, mais d'abord du sien !
#4
Author: erictoulouse
Date: Thu, 05 Apr 2007 09:26
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Prophète de bonheur : oui, mais d’abord du sien !

Avant-propos

J’avais décidé d’ « épingler » pour mensonge Nicolas Hulot en
personne, mais l’article suivant publié par Acrimed suffit amplement
à m’y faire renoncer, puisqu’il y est décrit le parcours d’un écolo «
heureux » ; heureux, surtout, que les innombrables écologistes de
façade, ces « vertueux » bien-pensants d’aujourd’hui par excellence,
s’arrachent ses produits dérivés !

Cela doit amplement l’aider à surmonter sa déception, exprimée dans
L’Express (Cf. n°2908 du 29 mars au 4 avril 2007) où il déclare en
toute conscience, face aux promesses écolo des candidats : « J’ai été
naïf » ! Comme souligné dans mon récent courrier à Ségolène Royal, il
a eu une riche idée de ne pas se porter candidat, car il pourra
continuer à promettre et à prophétiser sans obligation de résultat !
José Bové aurait mieux fait d’être ainsi également inspiré, car
promettre de changer le monde est tout autre chose que d’y parvenir –
surtout avec le pourcentage infime accordé par les sondeurs, et
d’autant plus que changer éventuellement la France ne changera pas le
devenir inéluctable monde !

Néanmoins, pour justifier mon accusation de mensonge envers Nicolas
Hulot, je rapporte ce propos tenu sur LCI, dans un entretien du 29
dernier avec Christophe Barbier : « Un autre monde heureux est
possible » ! Que les « croyants au miracle » d’un autre monde ou d’un
« ordre juste » s’en délectent, grand bien leur fasse ! C’est leur
droit le plus légitime de « croire au miracle », même s’ils ne le
verront jamais – sauf à Lourdes et dans des cabinets pontificaux,
évidemment !

Lui, en tout cas, commence à constater la portée réelle de son Pacte
écologique, pourtant signé par l’essentiel des candidats à la
présidentielle. Pour ma part, sans reprendre ici mes arguments fondés
sur le fait essentiel et incontestable que la Science ne parviendra
jamais qu’à des vérités relatives [Cf. propos de Claude Allègre sur
France Inter, le11 octobre 2006 : « La vérité officielle scientifique,
ça n’existe pas ! », je me borne à reproduire ce court extrait de ma
lettre du 11 février dernier au quotidien Le Monde, dont les futurs
centenaires auront tout loisir de vérifier la véracité, à l’aune des
décennies à venir. J’écrivais notamment :

« C’est pourquoi, à supposer même que ce catastrophisme ait un réel
fondement, les clivages de toutes sortes concernant les solutions Ă 
apporter feraient agir le monde Ă  hue et Ă  dia. Certains parlent en
effet, ici, de solutions de gauche et de solutions de droite en
matière d’environnement, sans compter les dissensions au sein d’un
même mouvement écologique : pas vraiment le meilleur moyen d’atteindre
le but fixé !

Par ailleurs, la désignation d’une gouvernance mondiale, sœur jumelle
de l’ONU, atteste par avance de son inefficacité, au seul vu des
résultats de son aînée dans la résolution des conflits du monde - au
Proche-Orient depuis bientôt soixante ans, et au Darfour aujourd’hui,
par exemple. Etre incapable de régler des conflits locaux entre
humains augure mal de la capacité à maîtriser la nature – DEMAIN, car
pour la Superstition, c’est toujours DEMAIN, seulement DEMAIN,
hélas !

Comme si, en outre, les humains, particuliers et Etats, allaient
accepter de gaîté de cœur les restrictions nécessaires à venir, ainsi
que chacun peut en juger en matière d’évolution de la consommation de
pétrole depuis le premier choc pétrolier jusqu’à nos jours. Même une
réglementation et une interdiction drastiques ne suffiraient pas à les
y contraindre, en raison de la réalité de notre nature humaine.

Chacun, en effet, réclame des mesures dans le souci de ses intérêts,
mais s’empresse d’y déroger dès lors qu’elles les contrarient. Libre à
vous, toutefois, de continuer à craindre jusqu’à la fin de vos jours
pour une menace repoussée à cent ans. Là, a peut-être été la grande
erreur, mais il est trop tard pour y revenir, et je m’en tiens donc là
pour l’instant sur le scientisme matérialiste incapable de faire des
prévisions climatiques « absolument » certaines - jusqu’à preuve du
contraire ! ! ! » [Fin de citation]

Annexe : Article d’Acrimed


                                  Nicolas Hulot, le pacte médiatique

Publié le lundi 4 décembre 2006

Nous reproduisons ci-dessous, sous forme de "tribune", des extraits
d’un article de Sophie Divry consacré à Nicolas Hulot. Les passages
choisis concernent le rapport que les médias entretiennent avec
l’animateur d’Ushuaïa Nature. L’intégralité de l’article est
consultable sur le site de la décroissance. (Acrimed)

Nicolas Hulot, lors du lancement de son dernier livre, Le pacte
écologique, a bénéficié d’un accueil dithyrambique dans les médias.
Invité sur France-Inter, à la télévision, en une du Figaro et du
Monde, l’animateur de télévision est présenté partout comme un grand
défenseur de la cause écologiste. Même nos amis de l’hebdomadaire
Politis l’acclament en une sous le titre « Le croisé de la
décroissance », alors qu’il s’est toujours déclaré étranger à cette
idée. Face à cette déferlante, il est utile de rappeler quelques faits
sur Nicolas Hulot. Comment gagne-t-il sa vie ? Quelles sont ses
activités ? Qui sont ses amis et soutiens ? Et surtout, quelles sont
ses idées ? Bref, pourquoi le télé-écologiste aux discours inoffensifs
et aux actions timides est un parfait « produit médiatique » ?

Nicolas Hulot est animateur de télévision, présentateur de l’émission
« Ushuaïa » depuis 1987. Pour ses quatre émissions annuelles, l’homme
de télé est rémunéré de la modique somme de 30 000 euros par mois. Il
faut ajouter à cela les droits d’auteur qu’il touche pour ses ouvrages
("Le Syndrome du Titanic" s’est vendu à 160 000 exemplaires) et un
pourcentage sur les ventes des livres et des DVD UshuaĂŻa.

Mais plus qu’une émission de télé à grande audience, Ushuaïa, c’est un
label « 100 % rentable » décerné par TF1 à des produits dérivés, comme
le raconte l’enquête du journal économique L’Expansion : « TF1 a cédé
en quinze ans la licence d’exploitation à plus d’une quinzaine de
sociétés (L’Oréal pour les cosmétiques, Atol pour la lunetterie,
Rhonetex pour les vêtements, Lexibook pour l’électronique grand
public, Quo Vadis pour la papeterie...) et cautionné ainsi la
commercialisation d’une soixantaine de produits dérivés en France. En
jouant, même si la chaîne s’en défend, sur l’identification Ushuaïa-
Nicolas Hulot pour les consommateurs. TF1 estime Ă ... 100 millions
d’euros le chiffre d’affaires annuel généré par tous les produits
griffés Ushuaïa. »

Un business orchestré par TF1

Parmi ses produits dérivés, citons un encens déclaré cancérigène par
l’UFC Que Choisir, les gels douche en plastique remplis de produits
exotiques, et le magazine appelé... Ushuaïa. Dans ce magazine, que
trouvons-nous ? De belles images de nature, et des reportages
poignants sur les bonobos. Entre les deux, des publicités... pour les
produits dérivés Nicolas Hulot : lunettes, gels douche, et DVD. Dans
le premier numéro du magazine, sur les 10 premières pages, 7 sont des
publicités. Se servir de l’émotion suscitée par la crise écologique
pour pousser Ă  la consommation, il fallait oser. Plus fort encore, les
pages 2 et 3 de la même édition sont prises par une pub pour un
véhicule haut de gamme Renault (Espace). Sur la dernière page - la
plus lue après la couverture - figure une réclame pour un 4 x 4 Volvo
vendu environ 50 000 euros : « Volvo XC90, la nature est si belle que
pour la découvrir, il fallait un 4 x 4 aussi beau et respectueux ».

À sa décharge, Nicolas Hulot n’a jamais prétendu être un grand
pourfendeur de l’automobile. Parmi les produits dérivés de la marque
de TF1, il existe en effet le 4 x 4 « Ushuaïa » : un Peugeot-Partner.
Que les transports soient responsables de la plus grande partie des
émissions de gaz à effet de serre importe peu. Cette voiture est
écologique, puisque « l’air conditionné n’est proposé qu’en option,
même sur le modèle Ushuaïa Grand Raid qui coiffe la gamme. »

La chaîne de Patrick Le Lay instrumentalise-t-elle Nicolas Hulot pour
orchestrer un business « écolo » ? Laissons répondre l’animateur : «
TF1 décline des produits dérivés qui permettent à l’émission de télé
d’être financée. Au début, j’ai été surpris par cette stratégie, mais
je m’y suis fait. Cela ne me choque plus du moment que je garde le
contrôle du contenu de l’émission et ma liberté de parole. (...) Mais
il est vrai que je me demande parfois jusqu’où on peut aller. »

Des sponsors polluants

Comment se fait-il qu’un homme à l’origine d’un tel business bénéficie
d’une image positive dans l’opinion ? Cela vient en partie de la
mission qu’il s’est lui-même octroyée. Porté par l’audimat, il ne se
veut plus un simple animateur de télévision. Nicolas Hulot veut «
mettre sa notoriété au service d’une cause d’intérêt général. » En
1990, il crée la Fondation Ushuaïa, qui prendra son propre nom cinq
ans plus tard. Pour créer cette structure, forte d’une quinzaine de
salariés, il faut de l’argent. Les premiers donateurs sont TF1,
L’Oréal et EDF. Mais d’autres entreprises vont s’associer à Nicolas
Hulot et faire un don : les Autoroutes du Sud de la France, Bouygues
Telecom, Valorplast, Apple, Décathlon, Énergie Système, ETT,
Eurotherm, Giordano Industries, Grohe, Knauf, Lafarge, Saint-Gobain
Isover, Siplast Icopal, Tetra Pak France, UGAP, Weber et Broutin,
Yprema... (...)

Idées pâles

(...) Celui qui a refusé à plusieurs reprises un poste de ministre de
l’Environnement se lancerait-il enfin en politique ? Dans cette
optique, le « pacte écologique » lancé aux candidats à la
présidentielle de 2007 devrait donner la teneur d’un programme
écologique ambitieux. Or, son maigre contenu ne peut que frapper un
observateur attentif. Homme de communication, Nicolas Hulot lance « 10
objectifs » et « 5 propositions », mais ceux-ci sont très imprécis.
(...) D’où vient alors que Nicolas Hulot bénéficie de l’image d’un
homme courageux, qui demande des mesures fortes ? Politis a mĂŞme
décrit Nicolas Hulot comme un « croisé de la décroissance » dans son
édition du 9 novembre 2006, alors que l’animateur a dit lui-même : «
Je ne crois pas à la décroissance économique. (...) Progressivement,
il est possible de créer de nouvelles filières sans toucher à la
croissance. » Le télé-écologiste pourrait-il tenir un autre discours
que celui, connu, de la « croissance durable » ? (...)

« Il n’attaque pas... »

Faire de la politique, proposer des lois, mettre des limites Ă 
l’appétit des multinationales ou des consommateurs est un langage
étranger à l’animateur de TF1. Ancien photographe du Paris-Dakar
reconverti dans l’édition de luxe, Yann Arthus-Bertrand fait partie du
réseau Hulot. Il résume l’attitude politique du clan Hulot : « Ce qui
me plaît, c’est qu’il n’attaque pas. Moi qui ai toujours voté pour les
Verts, cette fois-ci je ne voterai pas pour eux. Par leur idéologie
antilibérale, antinucléaire, ils ont tout gâché. » « Il n’attaque pas
», il ne fait pas de politique. Le journaliste du Figaro note que « le
philosophe Pierre-André Taguieff (...) applaudit lui aussi la démarche
“dépolitisée” de Hulot : “Il ne répond pas seulement à un mouvement
d’opinion, mais à un phénomène moral. La prise de conscience
écologique, c’est aussi un retour du sacré, et la fin d’un
appauvrissement spirituel” ». Tout est dit : l’écologie reste dans une
dimension uniquement morale et personnelle, donc hors de la sphère
d’action politique. Le tout est non de légiférer, mais de suivre la
voie Hulot : « prendre conscience et faire prendre conscience »... Si
le Parlement suivait Hulot, il aurait attendu la « prise de conscience
» des fumeurs au lieu d’interdire le tabac dans les lieux publics.

Les médias conquis

Tout cela fait un bon produit médiatique, pas dérangeant, qui emporte
l’enthousiasme. Hulot sait parler vrai, c’est un bon client, et les
journalistes sont en terrain connu : ils s’interviewent entre
confrères. L’hebdomadaire Télérama a ainsi consacré huit pages de son
numéro du 5 février 2005, dont sa couverture, à l’animateur de
télévision : « Châtain. Coupe de cheveux à rendre fou un coiffeur. Un
tatouage sur l’épaule, une queue de baleine en pendentif [...] L’œil
gauche cligne parfois comme une aile d’oiseau mouche. » Hulot est
coutumier de ce genre d’éloge. Le 8 novembre, Nicolas Hulot a droit à
une pleine page dans le Figaro. « Loin de prôner une “décroissance”
appelée des vœux par certains » (c’est nous !), « le héraut de
l’écologie entend plutôt “redonner du sens au progrès”. “C’est
pragmatique et pas dogmatique”, lance l’intéressé. » Serge Dassault,
propriétaire du journal et fabricant d’armes, est lui aussi très
pragmatique et « pas dogmatique » dans le choix de ses clients...(...)
L’animateur de TF1 réussit en somme à faire « beaucoup de bruit pour
rien » tout en prenant un espace médiatique précieux. (...) Sophie
Divry
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