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Article #82"Indigènes"... Chirac passe en force !
From: erictoulouse
Date: Thu, 28 Sep 2006 21:37
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« Indigènes »... Chirac passe en force ! Au-delà de l'imposant matraquage médiatique entourant le film « Indigènes », depuis sa présentation au dernier Festival de Cannes jusqu'à sa sortie en salle, et quoique l'on puisse en penser sur le fond - si le cinéma exprimait réellement LA Vérité absolue, « ça » se saurait ! -, Jacques Chirac vient de fournir, « une fois de plus », la preuve que, contrairement aux dirigeants helvétiques - cf. post « Immigration choisie » -, il se comporte davantage en « monarque absolu » qu'en véritable démocrate. Si je dis « une fois de plus », c'est que la dernière ne remonte pas très loin, et elle exprimait déjà une reculade face à des minorités témoignant de la « débilité intellectuelle » de l'époque, semblant ignorer que, dans notre monde « relatif », toute chose humaine, colonialisme inclus, présente à la fois du « pour », des avantages, du positif, et du « contre », des inconvénients, du négatif, eu égard - relativement ! - à la multitude des opinions qui s'expriment. Certes, pas pour la pensée unique prétendument absolue du terrorisme intellectuel puisqu'il dicte précisément son Bien et son Mal soi-disant « absolus » grâce à ses groupes de pression, sans que ne s'élève publiquement une seule voix pour dénoncer mensonges et croyances au miracle ! Où sont-ils donc nos pseudo-intellectuels, sinon aux côtés de la Superstition sous toutes ses formes, y compris dans son expression religieuse ? ! Cela suffirait pourtant à désamorcer les bombes en renvoyant dos à dos tous les dogmes religieux ainsi que ceux de prétendus philosophes « idéalistes », Descartes et Kant notamment, avec leur même Dieu superstitieux, source d'un éventuel conflit des civilisations qui menace d'autant plus le monde que ce propos de Brunner le laisse déjà sous-entendre : « Ménager la superstition aujourd'hui expose demain à des dangers encore plus grands » C'est pourquoi la reculade de Benoît XVI n'allait pas précisément dans la bonne direction, mais je peux comprendre qu'il n'ait pas envie de débattre sur le dogme, musulman, catholique ou autre ; l'union sacrée avait déjà eu lieu lors de l'affaire des caricatures, puisque ce qui prime pour les religieux c'est la perpétuation de la « croyance » ! Quoi qu'il en soit, l'Histoire retiendra que le pape Benoît XVI a capitulé devant l'islam, une religion pourtant sans véritable représentation universelle, hormis ses poseurs de bombes... Pour revenir à Jacques Chirac, je suis d'autant plus à l'aise pour le critiquer que, dans ma lettre du 7 décembre dernier, à la disposition de quiconque - Justice comprise ! -, et déjà publiée ici, j'attirai son attention sur les mensonges et les croyances au miracle idéologiques, toutes idéologies confondues, et moralistes - moralisatrices ! -, tous catéchismes réunis ; y compris le catéchisme soi-disant universel contemporain ou Déclaration universelle des droits de l'homme qui, malgré sa prétention superstitieuse, ne parvient pas, et ne parviendra jamais à transposer l'Idéal dans le quotidien, comme en témoignent notamment ses articles 19 et 29 en matière de liberté d'expression impuissants à combiner la théorie et la pratique ! Une évidence éclatante qui n'aveugle pourtant pas les « croyants au miracle » ! Le comportement « droit-de-l'hommiste » actuel de Jacques Chirac est d'autant plus risible pour quiconque se souvient de son propos envers les immigrés, à savoir « Bonjour les odeurs », que le premier Africain venu le jugeait raciste à l'époque ! Vous remarquerez encore une fois que, outre dénoncer ce qu'ils ont fait hier et referont demain à la première occasion où leurs intérêts l'exigeront - cf. recours à l'article 49-3 -, c'est une autre caractéristique des « vertueux » de remettre les compteurs à zéro pour se « refaire une virginité » ; ils ont de la chance d'avoir à faire à des humains partisans, à la mémoire courte, sélective et fluctuante... Comme en matière d'immigration, les positions des uns et des autres sur la question des « indigènes », telle qu'elle est présentée par les premiers intéressés, sont seulement « relatives » aux multiples intérêts de toutes sortes. Une autre vision, différemment relative, du prétendu engagement spontané des « indigènes » pour sauver la « Mère-Patrie », dans les années 40, aurait montré le rôle non négligeable de la « solde » pour des miséreux - comme il en fut pour les harkis et autres supplétifs par la suite -, ce qui suffit à invalider l'argument d' « enrôlement forcé » ; sur ce point précis notamment, tout jeune Français « convié », en son temps, par la République à se présenter devant les autorités militaires était-il « volontaire » ou également un « enrôlé de force », sachant très bien ce qui l'attendait en cas de refus ? Pour preuve de la culpabilisation manipulée par ces « indigènes » sur le passé de la France, elle est seulement manifeste depuis le début des années 80 : serait-on revenu sur la période coloniale ou sur la participation des « indigènes » au 2e conflit mondial, sans la présence massive de ces populations sur notre sol ? Sans compter le soutien apporté aujourd'hui par les « vertueux » précédemment adeptes d'une idéologie et d'un parti, dont Jacques Julliard parlait en ces termes, dans sa chronique « Requiem pour une illusion » : « Trois virgule trente-sept pour cent des voix pour Robert Hue à la présidentielle du printemps et 4,91% pour le Parti communiste aux législatives: c'est peu, de l'avis général. Je trouve que c'est encore beaucoup pour un parti qui a un passé inavouable, une vision du monde dépassée, un programme nul et des dirigeants médiocres. Aussi bien l'avenir d'un tel parti ne mériterait guère plus une chronique que celui de Jean Saint-Josse ou de Bruno Mégret, s'il n'y avait justement ce passé formidable: le communisme fut naguère un objet de terreur pour la bourgeoisie, de fascination pour les intellectuels, d'espérance pour les déshérités. Il était là, menaçant, incontournable. Il était la forme moderne du Jugement dernier ou, en termes plus prosaïques, la boîte noire où se dessinaient secrètement nos destins. Les intellectuels progressistes n'osaient ni le rejoindre ni le rejeter: devant ce dilemme, j'en ai connu qui perdirent leurs raisons, et même qui perdirent la raison tout court. » [Cf. le nouvel Observateur, n°1976 du 19 septembre 2002] La repentance a du bon pour le tiroir-caisse des donneurs de leçons de morale, au point que Claude Ribbe, auteur du livre « Le crime de Napoléon » - cf. lettre du 20 décembre dernier - a déjà fait ses calculs et chiffré à une vingtaine de milliards de dollars la « rançon » due à Haïti par la France en raison de son passé colonial. Combien pour l'Espagne, le Portugal et autres colonisateurs d'une époque révolue, où la notion de droits de l'homme était sans commune mesure avec ce qu'elle est aujourd'hui, au point que même Voltaire et autres philosophes encensés par l'Université pourraient passer pour des « racistes » en raison de leurs propos sur les « nègres » - au seul vu de l'emploi de ce terme, par exemple ! A défaut de referendum d'initiative populaire comme en Suisse, dont j'attendrais qu'il figure clairement dans le programme de l'un ou l'autre postulant à la magistrature suprême, je remarque que les instituts de sondages se gardent bien d'interroger l'opinion sur ces questions d'intérêt national relatives au passé. Cela aurait eu le mérite d'empêcher le « passage en force » de Jacques Chirac en deux occasions manifestes : la première fois, en saisissant le Conseil constitutionnel - cf. post « Monarchie chiraquienne et Conseil constitutionnel aux ordres », publié ici -, et la seconde, en décidant comme un monarque en Conseil des ministres, sans autre forme de procès, au seul vu de l'impression ressentie à partir d'un film en 2006, dont j'ai souligné la vision relative partisane, alors que Jacques Chirac est aux affaires depuis plus de trente ans, sans s'être jamais soucié de ces problèmes si « injustes » aujourd'hui ! En conclusion, si l'on objecte à mon propos, en prenant position en faveur des « indigènes », le principe d' « égalité », légitime en soi, il faudra l'appliquer aussi à toutes les situations d'inégalité en France et dans le monde, dont je ne peux mieux dire et redire que : « Nous reparlerons d'égalité et de fraternité, lorsque les riches de la planète auront partagé leurs richesses avec les pauvres » ! D'ici là, c'est-à-dire jusqu'à la saint Glin-glin, l'égalité restera à jamais relative, et selon le mot bien connu, certains continueront à être plus égaux que d'autres ! En tout cas, je n'accepte ni les leçons de morale ni les condamnations moralisatrices de quiconque sur la seule base de fictions superstitieuses, à l'exemple de celle exprimée dans l'Article premier du catéchisme universel de 1948 déclarant : « Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits » ; si certains doutent qu'il s'agit là d'une fiction, permettez-moi aussi de douter de leur lumière naturelle ou Raison ! L'avenir du monde, en effet, me donnera raison jusqu'à la fin des temps, comme l'illustre ce mot de Camus : « La souffrance et la révolte s'éteindront avec le dernier homme » - sauf à quiconque de démontrer le contraire ! J'en accepte encore moins de la part de quelque humain que ce soit, puisqu'aucun n'est « irréprochable » individuellement ou collectivement ! Face à l'Idéal, chacun est forcément coupable, coupable de crime de lèse-Idéal ! Ou bien, faut-il mettre tous ces « vertueux », venus d'ailleurs, en face de leurs pratiques toujours actuelles en matière d'esclavage, de guerres tribales, donc sur fondement de discrimination ethnique ou xénophobe, de conflits interreligieux, sans compter que personne ne vient leur reprocher aujourd'hui d'avoir eu des ancêtres « cannibales » dans un lointain passé..! Autres temps, autres mœurs... Quels que soient les points de vue relatifs sur le passé de la France, il n'en demeure pas moins que le chef de l'Etat a tranché sans consulter quiconque, et cela s'apparente à un comportement de monarque, fut-il républicain, à l'exemple de François Mitterrand ! Pour terminer avec mon opinion sans ambiguïté sur les « indigènes », je préfère, et de loin, ceux venus d'Asie, également différents, également anciens colonisés, qui ont aussi brisé leur joug, mais qui n'ont jamais « craché » sur la République qui les accueille ; ceci explique peut-être pourquoi l'opinion semble leur être plutôt favorable ; sans oublier leur comportement citoyen qui n'a jamais mis en péril l'unité nationale...
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