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Started by tbeignet
Mon, 25 Apr 2011 19:45
Parole et fausseté
Author: tbeignet
Date: Mon, 25 Apr 2011 19:45
Date: Mon, 25 Apr 2011 19:45
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Bonjour, Que penser des personnalités "fausses" (je ne porte pas ici de jugement moral) par rapport à la parole ? Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je débatte avec vous, mais que je sois en réalité un fumeur qui va allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert à rien ? Ou supposons que je prétende ne pas aimer quelque chose (aliment, activité...), mais que vous savez que le fait d'y toucher me plaira certainement. Argumenter avec moi ne sert à rien ? Je ne parle pas ici des gens qui mentent consciemment, mais qui ne sont pas vrais dans leur parole. Comment faire/parler avec les personnes de ce type ? En tant que psychanalystes ou psychiatres, ou autre, si vous pouviez m'apporter vos lumières, je vous en serai très reconnaissant. Bien cordialement
Re: Parole et fausset�
Author: Marc Lepetit
Date: Mon, 25 Apr 2011 20:19
Date: Mon, 25 Apr 2011 20:19
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tbeignet a �crit : > Bonjour, > > Que penser des personnalit�s "fausses" (je ne porte pas ici de > jugement moral) par rapport � la parole ? > > Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je > d�batte avec vous, mais que je sois en r�alit� un fumeur qui va > allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert � > rien ? Bien s�r que si. Beaucoup de fumeurs sont conscients que ce n'est pas bon de fumer, pour garder votre exemple. > Ou supposons que je pr�tende ne pas aimer quelque chose (aliment, > activit�...), mais que vous savez que le fait d'y toucher me plaira > certainement. Argumenter avec moi ne sert � rien ? Ici nous sommes plus dans le mensonge. Il faudrait faire comprendre � l'interlocuteur qu'on a compris qu'il ment. Mais la discussion au d�part est fauss�e. > Je ne parle pas ici des gens qui mentent consciemment, mais qui ne > sont pas vrais dans leur parole. La diff�rence entre les deux est mince. > Comment faire/parler avec les personnes de ce type ? En tant que > psychanalystes ou psychiatres, ou autre, si vous pouviez m'apporter > vos lumi�res, je vous en serai tr�s reconnaissant. > > Bien cordialement Personnellement, je parlerais certainement avec ces personnes, je leur parlerais comme je le sens. Je ne suis pas psychiatre, mais vous, �tes vous sinc�re en posant ces questions : ce sujet ne vous int�resse peut-�tre pas du tout, possiblement.
Re: Parole et fausseté
Author: Sylvain
Date: Mon, 25 Apr 2011 21:15
Date: Mon, 25 Apr 2011 21:15
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tbeignet wrote: > Bonjour, > > Que penser des personnalit�s "fausses" (je ne porte pas ici de > jugement moral) par rapport � la parole ? > > Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je > d�batte avec vous, mais que je sois en r�alit� un fumeur qui va > allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert � > rien ? > > Ou supposons que je pr�tende ne pas aimer quelque chose (aliment, > activit�...), mais que vous savez que le fait d'y toucher me plaira > certainement. Argumenter avec moi ne sert � rien ? > > Je ne parle pas ici des gens qui mentent consciemment, mais qui ne > sont pas vrais dans leur parole. > > Comment faire/parler avec les personnes de ce type ? En tant que > psychanalystes ou psychiatres, ou autre, si vous pouviez m'apporter > vos lumi�res, je vous en serai tr�s reconnaissant. > > Bien cordialement Il n'y a pas de r�ponse simple a vos questions. Parce qu'il y a plusieurs raisons possibles pour lesquelles les gens mentent.
Re: Parole et fausseté
Author: Baudouin Labrique
Date: Tue, 26 Apr 2011 06:16
Date: Tue, 26 Apr 2011 06:16
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On 25 avr, 23:15, "Sylvain" <sylvain.r...@hotmail.invalid> wrote: > tbeignet wrote: > > Bonjour, > > > Que penser des personnalités "fausses" (je ne porte pas ici de > > jugement moral) par rapport à la parole ? > > > Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je > > débatte avec vous, mais que je sois en réalité un fumeur qui va > > allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert à > > rien ? > > > Ou supposons que je prétende ne pas aimer quelque chose (aliment, > > activité...), mais que vous savez que le fait d'y toucher me plaira > > certainement. Argumenter avec moi ne sert à rien ? > > > Je ne parle pas ici des gens qui mentent consciemment, mais qui ne > > sont pas vrais dans leur parole. > > > Comment faire/parler avec les personnes de ce type ? En tant que > > psychanalystes ou psychiatres, ou autre, si vous pouviez m'apporter > > vos lumières, je vous en serai très reconnaissant. > > > Bien cordialement > > Il n'y a pas de réponse simple a vos questions. Parce qu'il y a plusieurs > raisons possibles pour lesquelles les gens mentent.- Masquer le texte des messages précédents - > > - Afficher le texte des messages précédents - Effectivement et on fait l'impasse ici sur la nécessité psychologique et incompressible qui conduit à ne pas dire la vérité ; c'est rarement totalement une simple question de volonté où la personne se sent en parfaite liberté de choisir. Dans la pratique thérapeutique, on observe que ne pas dire la vérité offre des protections souvent vitales de la part de son auteur : cela s'assimile à des résistances à la guérison. Extrait de mon livre (Quand les thérapeutes dérapent" www.derapeutes.eu) : "S’occuper des résistances" "Quand le processus vers la guérison semble bloqué, un thérapeute devrait s’apercevoir que des comportements automatiques se sont installés, qui mettent en place des résistances souvent inconscientes ; celles-ci évitent de réveiller d’une manière trop souffrante ce qui a été vécu anciennement (suivant ce qu’exprime bien cette pensée populaire : chat échaudé craint l’eau froide). Cela pourrait, par exemple, se traduire au travers d’une résistance au changement, vu le souvenir d’une situation lointaine dont on redoute la résurgence. C’est le cas de cette personne qui découvre en séance que la contrainte de rester chez elle lui permet de ne plus subir le stress devenu insupportable au travail, alors qu’elle souffre, en apparence paradoxalement, de ne plus pouvoir travailler. Suivant l’accord obtenu, un thérapeute adroit incitera et aidera son patient à examiner, analyser et rechercher les vraies raisons d’un blocage (mais suivant le choix, le rythme voulu par le patient et sans rien forcer)." Ainsi, ne pas dire la vérité permet d’échapper à ce qui est perçu comme un plus grand inconfort en comparaison de celui provoqué par le fait de ne pas dire la vérité. ° Meilleure formulation que "ment" car cette dernière est le fruit d'un jugement moral alors que la première repose sur un constat sans prendre position sur ce qui est mal ou bien.
Re: Parole et fausseté
Author: Baudouin Labrique
Date: Tue, 26 Apr 2011 06:42
Date: Tue, 26 Apr 2011 06:42
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P.S. Application au cas du fumeur qui fat "un beau discours contre le tabac" mais qui n'est "en réalité un fumeur qui va allumer sa clope en sortant." Il est sincèrement conscient des dangers du tabagisme et voudrait en convaincre les autres. Cependant, s’adonnant lui-même à cette dépendance, son propre prise de conscience navigue au voisinage de ces balises : - il voudrait sincèrement de fumer ou est sur le point de le faire… - il sait qu’il devrait arrêter de fumer mais les bénéfices secondaires l’emportent sur les avantages à arrêter de fumer (il ne perçoit pas par exemple comment il pourrait annuler autrement le stress auquel il est sujet que permet de diminuer le tabagisme), - il est dans le déni total de ce qu’entraîne pour lui le fait de fumer et se « raconte » personnellement des « histoires ». « Morale » de l’histoire : « Ne juge jamais un homme avant d'avoir marché un mille dans ses souliers. » Proverbe sioux
Re: Parole et fausseté
Author: Baudouin Labrique
Date: Tue, 26 Apr 2011 06:47
Date: Tue, 26 Apr 2011 06:47
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On 26 avr, 08:42, Baudouin Labrique <fb140...@skynet.be> wrote: > P.S. Erratum - il voudrait sincèrement ARRETER de fumer ou est sur le point de le faire…
Re: Parole et fausseté
Author: Gérard Cojot
Date: Tue, 26 Apr 2011 07:00
Date: Tue, 26 Apr 2011 07:00
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Sylvain <sylvain.rien@hotmail.invalid> wrote:
> tbeignet wrote:
> > Bonjour,
> >
> > Que penser des personnalit�s "fausses" (je ne porte pas ici de
> > jugement moral) par rapport � la parole ?
> >
> > Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je
> > d�batte avec vous, mais que je sois en r�alit� un fumeur qui va
> > allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert �
> > rien ?
> >
> > Ou supposons que je pr�tende ne pas aimer quelque chose (aliment,
> > activit�...), mais que vous savez que le fait d'y toucher me plaira
> > certainement. Argumenter avec moi ne sert � rien ?
> >
> > Je ne parle pas ici des gens qui mentent consciemment, mais qui ne
> > sont pas vrais dans leur parole.
> >
> > Comment faire/parler avec les personnes de ce type ? En tant que
> > psychanalystes ou psychiatres, ou autre, si vous pouviez m'apporter
> > vos lumi�res, je vous en serai tr�s reconnaissant.
> >
> > Bien cordialement
>
> Il n'y a pas de r�ponse simple a vos questions. Parce qu'il y a plusieurs
> raisons possibles pour lesquelles les gens mentent.
Le Dr House est demand� au parloir.
--
Amiti�s, G�rard Cojot
'Bienheureux les f�l�s, ils laisseront passer ma lumi�re'[M.Audiard]
http://perso.orange.fr/gerard.cojot/
Re: Parole et fausseté
Author: LeLapin
Date: Tue, 26 Apr 2011 08:16
Date: Tue, 26 Apr 2011 08:16
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Baudouin Labrique a tapoté du bout de ses petites papattes : > P.S. > > Application au cas du fumeur qui fat "un beau discours contre le > tabac" mais qui n'est "en réalité un fumeur qui va allumer sa clope en > sortant." > > Il est sincèrement conscient des dangers du tabagisme et voudrait en > convaincre les autres. Cependant, s’adonnant lui-même à cette > dépendance, son propre prise de conscience navigue au voisinage de ces > balises : > > - il voudrait sincèrement de fumer ou est sur le point de le faire… > > - il sait qu’il devrait arrêter de fumer mais les bénéfices > secondaires l’emportent sur les avantages à arrêter de fumer (il ne > perçoit pas par exemple comment il pourrait annuler autrement le > stress auquel il est sujet que permet de diminuer le tabagisme), > > - il est dans le déni total de ce qu’entraîne pour lui le fait de > fumer et se « raconte » personnellement des « histoires ». > > « Morale » de l’histoire : > « Ne juge jamais un homme avant d'avoir marché un mille dans ses > souliers. » > Proverbe sioux On dit bien (moi le premier) : "Faites ce que je dis, pas ce que je fais". Il y a deux comportements dans ce cas de figure. Celui qui dit "fumez, comme moi, c'est vachement bien" tout en étant conscient que le fait de commencer à fumer peut mener à une addiction et donc à l'impossibilité d'arrêter, et finalement à de nombreuses maladies. Cette personne cherche à se décharger de sa culpabilité de la mauvaise manière : en convertissant les autres à son "vice". Et puis il y a celui qui adopte le bon comportement : "ne commencez jamais à fumer, parce qu'ensuite il est très difficile d'arrêter. Et croyez-en mon expérience : ne plus pouvoir monter les marches ou courir, avoir le souffle court, choper un infarctus, c'est pas agréable". Cette personne tente de se décharger de sa culpabilité en se servant de son "vice" comme l'exemple à ne pas faire, de son vécu comme d'un repoussoir. -- LeLapin
Re: Parole et fausseté
Author: κίναιδος
Date: Tue, 26 Apr 2011 09:00
Date: Tue, 26 Apr 2011 09:00
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On 26/04/2011 09:00, Gérard Cojot wrote: > Le Dr House est demandé au parloir. Je connais une cancérologue, pneumologue, spécialisée dans le cancer du poumon qui fume 2 paquets/jour, même dans son bureau à l'hôpital ... Bien évidemment elle demande à ses malades d'arrêter la clope. Ceux si s'exécutent [pour la grande majorité] mais ensuite sont dégoutés par l'odeur de tabac qui émane d'elle ... et, souvent, changent d'oncologue. -- λόγον γὰρ ζητοῦσιν ὧν οὐκ ἔστι λόγος· http://demi-vie.pagesperso-orange.fr/
Re: Parole et fausseté
Author: Franade
Date: Tue, 26 Apr 2011 09:07
Date: Tue, 26 Apr 2011 09:07
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tbeignet a �crit : > Que penser des personnalit�s "fausses" (je ne porte pas ici de > jugement moral) par rapport � la parole ? La parole s'adresse toujours � quelqu'un, sa v�rit� est donc li�e � l'autre, pas � celui qui l'�met. > Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je > d�batte avec vous, mais que je sois en r�alit� un fumeur qui va > allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert � > rien ? Ben oui, mais ce n'est pas � vous-m�me que vous adressiez ce beau discours... > Ou supposons que je pr�tende ne pas aimer quelque chose (aliment, > activit�...), mais que vous savez que le fait d'y toucher me plaira > certainement. Argumenter avec moi ne sert � rien ? Cela, c'est de la projection. Je ne peux savoir ce que vous �tes capable d'aimer. La seule chose que je sais, c'est ce que j'aime, mais ce n'est pas parce que j'aime ceci que tout le monde est cens� l'aimer. > Je ne parle pas ici des gens qui mentent consciemment, mais qui ne > sont pas vrais dans leur parole. Ils sont vrais dans leur parole puisque leur parole ne s'adresse pas � eux. Et ce ph�nom�ne est identique m�me lorsqu'on parle de mensonge : l'important est toujours que l'autre consid�re ce qu'on dit comme vrai, peu importe la valeur de v�rit� de ce qu'on dit. > Comment faire/parler avec les personnes de ce type ? Il n'y a pas de personnes de ce type. Tout le monde cherche � convaincre l'autre lorsqu'il parle, mais jamais � se convaincre soi-m�me. La parole est donc �minemment sociale. -- Franade
Re: Parole et fausseté
Author: tbeignet
Date: Tue, 26 Apr 2011 09:26
Date: Tue, 26 Apr 2011 09:26
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On 26 avr, 08:56, fl <frederic.l...@laposte.net> wrote: > X-No-Archive: yes > > > Que penser des personnalités "fausses" (je ne porte pas ici de > > jugement moral) par rapport à la parole ? > > > Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je > > débatte avec vous, mais que je sois en réalité un fumeur qui va > > allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert à > > rien ? > > Vous voulez parler de qui : des scientifiques pacifistes qui > travaillent > pour l'armée, des écologistes toujours fourrés dans un avion, des > chrétiens adeptes de Franco. Des pays droidelomistes marchands > d'armes ? > > Précisez votre pensée. > > -- > FL Bonjour ! Je parlais des personnes légères dans leur parole, qui parlent beaucoup, et de nature un peu superficielle. qui parfois, disent une chose un jour, puis le contraire un autre jour, avec la même sincérité. je parlais au niveau individuel, dans les relations personnelles. voilà pour les précisions.
Re: Parole et fausseté
Author: Baudouin Labrique
Date: Tue, 26 Apr 2011 09:50
Date: Tue, 26 Apr 2011 09:50
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On 26 avr, 10:16, LeLapin <ipub-enle...@neuf-enlever.fr> wrote: > Baudouin Labrique a tapoté du bout de ses petites papattes : > > > > > > > P.S. > > > Application au cas du fumeur qui fat "un beau discours contre le > > tabac" mais qui n'est "en réalité un fumeur qui va allumer sa clope en > > sortant." > > > Il est sincèrement conscient des dangers du tabagisme et voudrait en > > convaincre les autres. Cependant, s’adonnant lui-même à cette > > dépendance, son propre prise de conscience navigue au voisinage de ces > > balises : > > > - il voudrait sincèrement de fumer ou est sur le point de le faire… > > > - il sait qu’il devrait arrêter de fumer mais les bénéfices > > secondaires l’emportent sur les avantages à arrêter de fumer (il ne > > perçoit pas par exemple comment il pourrait annuler autrement le > > stress auquel il est sujet que permet de diminuer le tabagisme), > > > - il est dans le déni total de ce qu’entraîne pour lui le fait de > > fumer et se « raconte » personnellement des « histoires ». > > > « Morale » de l’histoire : > > « Ne juge jamais un homme avant d'avoir marché un mille dans ses > > souliers. » > > Proverbe sioux > > On dit bien (moi le premier) : "Faites ce que je dis, pas ce que je > fais". > Il y a deux comportements dans ce cas de figure. Celui qui dit "fumez, > comme moi, c'est vachement bien" tout en étant conscient que le fait de > commencer à fumer peut mener à une addiction et donc à l'impossibilité > d'arrêter, et finalement à de nombreuses maladies. Cette personne > cherche à se décharger de sa culpabilité de la mauvaise manière : en > convertissant les autres à son "vice". > Et puis il y a celui qui adopte le bon comportement : "ne commencez > jamais à fumer, parce qu'ensuite il est très difficile d'arrêter. Et > croyez-en mon expérience : ne plus pouvoir monter les marches ou > courir, avoir le souffle court, choper un infarctus, c'est pas > agréable". Cette personne tente de se décharger de sa culpabilité en se > servant de son "vice" comme l'exemple à ne pas faire, de son vécu comme > d'un repoussoir. > > -- > LeLapin- Masquer le texte des messages précédents - > > - Afficher le texte des messages précédents - Votre analyse est réductrice : la réalité est bien plus subtile et en plus, ne sachant pas comment chacun de nous ferait s'il avait endossé le même vécu personnel et familial. N.B. Je suis non-fumeur.
Re: Parole et fausseté
Author: tbeignet
Date: Tue, 26 Apr 2011 10:08
Date: Tue, 26 Apr 2011 10:08
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On 25 avr, 22:19, "Marc Lepetit" <marc.lepe...@pasdepubsfree.fr.invalid> wrote: > tbeignet a écrit : > > > Bonjour, > > > Que penser des personnalités "fausses" (je ne porte pas ici de > > jugement moral) par rapport à la parole ? > > > Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je > > débatte avec vous, mais que je sois en réalité un fumeur qui va > > allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert à > > rien ? > > Bien sûr que si. Beaucoup de fumeurs sont conscients que ce n'est pas > bon de fumer, pour garder votre exemple. > > > Ou supposons que je prétende ne pas aimer quelque chose (aliment, > > activité...), mais que vous savez que le fait d'y toucher me plaira > > certainement. Argumenter avec moi ne sert à rien ? > > Ici nous sommes plus dans le mensonge. Il faudrait faire comprendre à > l'interlocuteur qu'on a compris qu'il ment. Mais la discussion au départ > est faussée. > > > Je ne parle pas ici des gens qui mentent consciemment, mais qui ne > > sont pas vrais dans leur parole. > > La différence entre les deux est mince. > > > Comment faire/parler avec les personnes de ce type ? En tant que > > psychanalystes ou psychiatres, ou autre, si vous pouviez m'apporter > > vos lumières, je vous en serai très reconnaissant. > > > Bien cordialement > > Personnellement, je parlerais certainement avec ces personnes, je leur > parlerais comme je le sens. Je ne suis pas psychiatre, mais vous, êtes > vous sincère en posant ces questions : ce sujet ne vous intéresse > peut-être pas du tout, possiblement. En fait, c'est un gros problème pour moi. Quand une personne est "logique" ou "droite" dans ses propos, je n'ai aucun problème, même si elle soutient des vues opposées aux miennes. Mais quand quelqu'un commence à être "illogique" (selon moi), j'ai tendance à argumenter, à vouloir lui montrer le plus clairement possible son "erreur", mais en général la personne se braque et devient très hostile. Au final je me dis : comment faire avec ces gens. J'ai voulu être sincère et établir des relations "franches", et ça ne marche pas. Sinon, j'ai 30 ans, et je remarque cette attitude chez certains jeunes adultes, de nature un peu "superficielle". Voilà Bonne journée
Re: Parole et fausseté
Author: LeLapin
Date: Tue, 26 Apr 2011 11:17
Date: Tue, 26 Apr 2011 11:17
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Baudouin Labrique a tapot� du bout de ses petites papattes : > Votre analyse est r�ductrice : la r�alit� est bien plus subtile et en > plus, ne sachant pas comment chacun de nous ferait s'il avait endoss� > le m�me v�cu personnel et familial. Certes, je parle de deux cas de figure assez simples mais courants. PS : moi je fume encore, mais j'aimerais bien arr�ter. -- LeLapin
Re: Parole et fausseté
Author: tbeignet
Date: Wed, 27 Apr 2011 07:37
Date: Wed, 27 Apr 2011 07:37
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On 26 avr, 11:07, Franade <fran...@ANTISPAMclub-internet.fr> wrote: > tbeignet a écrit : > > > Que penser des personnalités "fausses" (je ne porte pas ici de > > jugement moral) par rapport à la parole ? > > La parole s'adresse toujours à quelqu'un, sa vérité est donc liée à > l'autre, pas à celui qui l'émet. > > > Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je > > débatte avec vous, mais que je sois en réalité un fumeur qui va > > allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert à > > rien ? > > Ben oui, mais ce n'est pas à vous-même que vous adressiez ce beau > discours... > > > Ou supposons que je prétende ne pas aimer quelque chose (aliment, > > activité...), mais que vous savez que le fait d'y toucher me plaira > > certainement. Argumenter avec moi ne sert à rien ? > > Cela, c'est de la projection. Je ne peux savoir ce que vous êtes > capable d'aimer. La seule chose que je sais, c'est ce que j'aime, mais > ce n'est pas parce que j'aime ceci que tout le monde est censé l'aimer. > > > Je ne parle pas ici des gens qui mentent consciemment, mais qui ne > > sont pas vrais dans leur parole. > > Ils sont vrais dans leur parole puisque leur parole ne s'adresse pas à > eux. Et ce phénomène est identique même lorsqu'on parle de mensonge : > l'important est toujours que l'autre considère ce qu'on dit comme vrai, > peu importe la valeur de vérité de ce qu'on dit. > > > Comment faire/parler avec les personnes de ce type ? > > Il n'y a pas de personnes de ce type. Tout le monde cherche à > convaincre l'autre lorsqu'il parle, mais jamais à se convaincre > soi-même. > > La parole est donc éminemment sociale. > > -- > Franade Merci. et concrètement, si vous remarquez qu'un ami se contredit, ou ne vous dit pas vraiment la vérité, que faites-vous ? Faites-vous semblant de ne rien remarquer ? Ou revenez-vous sur le sujet plus tard ?
Re: Parole et fausseté
Author: Franade
Date: Wed, 27 Apr 2011 09:07
Date: Wed, 27 Apr 2011 09:07
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tbeignet a �crit : > et concr�tement, si vous remarquez qu'un ami se contredit, Tenir un discours anti-tabac et fumer, pour reprendre votre exemple, n'est justement pas se contredire. Se contredire, c'est tenir � la fois un discours pro-tabac et un discours anti-tabac. > ou ne vous > dit pas vraiment la v�rit�, que faites-vous ? En quoi dire la v�rit� est-il important ? Vous cherchiez � transcender la morale, mais si vous accordez une valeur morale � la v�rit� sup�rieure � celle du mensonge, vous �tes en plein dedans... > Faites-vous semblant de > ne rien remarquer ? Ou revenez-vous sur le sujet plus tard ? Je ne juge pas mes amis en fonction de ma morale propre. Autrement dit, j'ai conscience que ma v�rit� est seulement mienne, et je ne cherche pas � l'imposer aux autres. Donc, si un de mes amis tient un discours contraire � ce que je consid�re �tre ma v�rit�, je lui fais part de mes propres crit�res de v�rit�. Sans pour cela pr�tendre qu'ils sont plus vrais que les siens... Je ne viens donc pas le traiter de menteur mais lui expliquer que sa vision de la v�rit� est juste diff�rente de la mienne. -- Franade
Re: Parole et fausseté
Author: Baudouin Labrique
Date: Wed, 27 Apr 2011 12:04
Date: Wed, 27 Apr 2011 12:04
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On 27 avr, 11:07, Franade <fran...@ANTISPAMclub-internet.fr> wrote: > tbeignet a écrit : > > > et concrètement, si vous remarquez qu'un ami se contredit, > > Tenir un discours anti-tabac et fumer, pour reprendre votre exemple, > n'est justement pas se contredire. Se contredire, c'est tenir à la fois > un discours pro-tabac et un discours anti-tabac. > > > ou ne vous > > dit pas vraiment la vérité, que faites-vous ? > > En quoi dire la vérité est-il important ? > > Vous cherchiez à transcender la morale, mais si vous accordez une > valeur morale à la vérité supérieure à celle du mensonge, vous êtes en > plein dedans... > > > Faites-vous semblant de > > ne rien remarquer ? Ou revenez-vous sur le sujet plus tard ? > > Je ne juge pas mes amis en fonction de ma morale propre. Autrement dit, > j'ai conscience que ma vérité est seulement mienne, et je ne cherche > pas à l'imposer aux autres. > > Donc, si un de mes amis tient un discours contraire à ce que je > considère être ma vérité, je lui fais part de mes propres critères de > vérité. Sans pour cela prétendre qu'ils sont plus vrais que les > siens... > > Je ne viens donc pas le traiter de menteur mais lui expliquer que sa > vision de la vérité est juste différente de la mienne. > > -- > Franade Voilà une superbe et intelligente réponse et qui fait montre ne plus d'une grande sensibilité et d'un sens de l'humain trop souvent absent ici ; comme quoi on est parfois surpris des niveaux d'argumentation et de communication sur ce forum : il ne faut pas désespérer. Merci et bravo Franade !
Re: Parole et fausseté
Author: Hueyduck
Date: Wed, 27 Apr 2011 13:42
Date: Wed, 27 Apr 2011 13:42
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tbeignet a �crit :
>
>
> et concr�tement, si vous remarquez qu'un ami se contredit, ou ne vous
> dit pas vraiment la v�rit�, que faites-vous ? Faites-vous semblant de
> ne rien remarquer ? Ou revenez-vous sur le sujet plus tard ?
>
>
Bonjour, je prends la r�flexion en cours et je me permets d'ajouter mon
grain de sel parceque j'ai r�fl�chi � ce sujet tr�s r�cemment et il
m'int�resse. Je vous livre le fruit de ma r�flexion. Elle n'est gu�re
argument�e, et c'est une r�flexion dont le fruit est donc grandement
empirique.
En g�n�ral, quand il y a contradiction chez un individu, c'est rarement
en parole. Dire blanc un jour puis noir le suivant, �a n'est pas le cas
le plus fr�quent de quelqu'un qui se contredit honn�tement. En g�n�ral,
c'est le fait de quelqu'un qui a oubli� qu'il avait menti en disant
blanc une premi�re fois. Ou vice versa: une personne qui a oubli� avoir
dit la v�rit� en disant "blanc" et qui se met � dire "noir". (Je vous
laisse explorer les d�clarations des hommes politiques ou de patrons de
grandes entreprises pour illustrer mon propos.)
Ces d�marches visent alors simplement � paralyser l'interlocuteur ("Aie
confiance", "ne bougez pas, vous etes en s�curit�"). Le temps que
l'interlocuteur r�alise le mensonge, l'acte qui est couvert par le
mensonge a �t� accompli. Et ce qui compte, dans la vie, ce sont les
actes. On ne ment pas pour changer des mots, on ment pour changer des actes.
J'en revient ainsi � la cat�gorie d'individus que vous citez: les
menteurs de bonne foi.
Il me semble qu'il est int�ressant de r�aliser que les contradictions
que vous mettez en lumi�res sont toujours des contradictions parole vs
action.
On dit qu'on fait "blanc".
On fait "noir".
Mais on pourra malgr� tout maintenir que ce que l'autre a per�u comme
"noir" est en r�alit� bel et bien "blanc", par des m�andres qui
n�cessitent en g�n�ral des donn�es assez opaques pour l'autre.
Et il y a l�, chez certains, voire chez tous, un mod�le de s�paration
presque �tanche entre la parole et l'action.
Il y a ce qui peut �tre dit par la parole et ce qui peut etre dit par
l'action, le concret, ce qui est. (j'imagine que les concepts de
moi/surmoi ou je ne sais quoi peuvent etre utiles � ma r�flexion, mais
je ne les connais pas).
POur s'adapter aux diff�rents milieux dans lesquels on �volue, on en
finit par se cr�er des valeurs artificielles, convenues parceque
r�pliqu�es, qui tiennent debout uniquement parceque'elle sont
respect�es par la majorit� des personnes vivant dans un milieu qui nous
semble hospitalier (donc protecteur, pr�servateur de la vie). Une fois
que l'on a m�moris� de fa�on pavlovienne que l'adh�sion � certaines
valeurs permettent irr�futablement notre int�gration dans un milieu de
vie (et cette int�gration est visc�ralement ressentie comme une
protection contre la mort), ces valeurs, toutes arbitraires qu'elle
peuvent �tre sur un plan logique et rationnel, deviennent loi.
Et un loi ne se peut pas �tre contredite par ceux qu'elle ne concerne pas.
Votre exemple du fumeur qui d�plore le tabagisme est int�ressant puisque
le fumeur est victime d'un ph�nom�ne de d�pendance qui fait agir son
corps contre sont int�r�t. Le m�canisme de la d�pendance est simple,
ici: le corps ressent une soufrance quand la nicotine quitte le corps.
IL assimile alors que cette soufrance cesse lorsque la nicotine est �
nouveau ing�r�e. La soufrance �tant interpr�t�e comme un signal de mise
en p�ril de la survie, le corps ordonne la recherche de la substance qui
fait cesser la soufrance.
Car le principe de la d�pendance, c'est aussi celui qui nous fait vivre.
Nous ressentons la d�pendance � tout ce qui permet le maintient de
l'esp�ce en vie: on sera pr�t � tuer si l'on a suffisament soif ou faim
ou envie de se reproduire. La d�pendance est alors cr�e par des hormones
sens�es s'auto-r�guler entre elles.
Or, comment s'arr�te une d�pendance?
Il fautque l'apport de la substance "addictive" soit une plus grande
source de soufrance qu'elle n'est une source de soulagement.
C'est aussi pour �a qu'une d�pendance nouvelle permet parfois de se
d�barrasser d'une d�pendance ancienne, que l'une ou l'autre soit n�faste
ou pas :
Si une d�pendance ancienne commence � etre per�ue comme tendant vers une
soufrance de fa�on pr�dominante, une d�pendance nouvelle (qui
b�n�ficie donc de l'illusion fraiche d'aporter du soulagement) permettra
au corps de relativiser encore plus l'int�r�t de la d�pendance ancienne.
Et � ce stade, il m'apparait important de rappeler qu'une d�pendance
peut �tre constructrice. L'artiste est d�pendant de son art, bien
souvent. IL se sent d�p�rir s'il lui est interdit de l'exercer. Son art
tient d'une obsession, et pourtant, elle peut construire sa vie.
Pour en revenir � votre interrogation, je crois d�sormais que quoi
qu'il arrive, pour mettre quelqu'un face � ses contradictions, il faut
que la personne ressente les cons�quences de ces contradictions. Les
connaitre n'a aucun effet, car le corps sait que les paroles et les
concepts n'ont aucun pouvoir r�el et direct sur lui.
Ce qu'il sait, c'est qu'il a besoin de faire telles et telles choses
pour faire partie d'une "tribu", r�elle ou imaginaire, qui le
prot�gera, par exemple. Ca, le corps le ressent. Il a appris � le
ressentir avec des claques, des maladies, des brulures, des noyades, des
peurs paniques, bref: des sensations, des actes.
Le fumeur aux conseils anti-tabac, par exemple, pourra arr�ter net si un
�tre cher se meurt d'un cancer du poumon. OU bien s'il voit tous ses
amis arr�ter de fumer. Ou bien s'il ne peut plus exercer le m�tier qu'il
aime � cause du tabac, ou si on lui dit qu'il devient aveugle � cause du
tabac. Tout d�pend de la soufrance occasionn�e par la cons�quence du
tabagisme.
Un de mes amis fumais. Un m�decin en qui il place beaucoup d'estime lui
demande un jour s'il fume. Mon ami r�pond qu'il fume plus d'un paquet
par jour. Le m�decin, pour toute r�ponse, �clate de rire. Puis continue
son examen sans plus de rapport au sujet du tabac.
Mon ami est rentr�, m'a appel� au t�l�phone et m'a racont� �a et
uniquement �a. La visite n'avait aucune importance, c'est le rire , un
rire qu'il avait re�u comme un coup dans le ventre, qui l'avait choqu�.
MOn ami a arr�t� de fumer pendant plusieurs mois apr�s cet �pisode.
La vexation, l'humiliation qu'il avait subie par l'acte non verbal du
rire de collaboration dont il avait �t� l'objet avait provoqu� une
soufrance, peut �tre pas reproductible chez tous puisque d�pendant
d'ant�c�dents prsychologiques, mais une soufrance qui avait fait
retomber l'illusion de soulagement apport�e par la cigarette.Il �tait
devenu plus douloureux pour mon ami d'allumer une cigarette en se
sentant ridicule, que de se passer de tabac.
Ne pas fumer apportait ainsi un soulagement plus grand que le
soulagement ressenti lors de l'absorbtion de nicotine.
Si le m�decin avait remplac� son rire par une parole �quivalente
("c'est ridicule, vous etes pitoyable, mon pauvre monsieur", par
exemple), le r�sultat n'aurait rien eu en commun avec ce qui s'est
pass�. Mon ami se serait senti insult�, attaqu� et ne serait sans doute
pas retourn� chez ce m�decin.
Autrement dit, il faut montrer la v�rit� et ne jamais la dire.
Quand une personne dit "blanc" et fait "noir", il faut lui montrer, sans
paroles, que "blanc" est bon. Il faut acter "blanc" et ne rien en dire.
MOntrer que "noir" est mauvais sera toujours plus difficile, je pense.
Ce sera le moyen d'�tre class� dans la t�te du sujet comme quelqu'un qui
cherche � le s�parer de ce qu'il per�oit comme un rempart contre la
soufrance. Et on ne veut pas �a.
Et en g�n�ral, la personne trouvera les soufrances de "noir" toutes
seule. C'est la seule mani�re de ne pas �tre vex� d'avoir agit contre
son int�r�t propre sans m�me le savoir.
R�sum�:
> Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je
> d�batte avec vous, mais que je sois en r�alit� un fumeur qui va
> allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert �
> rien ?
Si vos auditeurs sont conscients que vous �tes sous l'emprise d'une
d�pendance, votre discours et vos argumentations gardent tout leurs
poids. Vous prouvez par les actes que le tabac rend d�pendant. Seul
cette d�pendance peut vous permettre d'assumer ouvertement la
contradiction entre vos actes et vos dires. Il se trouve que la v�rit�
se trouve dans vos dire, dans cet exemple.
Le corps a tort mais ne le sais pas. Si vos auditeurs savent que votre
corps a tort, il peuvent juger le bien fond� de vos propos en ne tenant
pas compte des torts caus�s par une d�pendance physique.
-
> Ou supposons que je pr�tende ne pas aimer quelque chose (aliment,
> activit�...), mais que vous savez que le fait d'y toucher me plaira
> certainement. Argumenter avec moi ne sert � rien ?
-
L�, oui, parceque la v�rit� se trouve non pas dans vos paroles mais dans
vos actes.
Il faut trouver le moyen de faire go�ter l'aliment en question sans
qu'elle le sache. Pire encore: il faudra que la personne se rende comte
elle m�me qu'elle aime cet aliment. ET il faudra en plus que le b�n�fice
qu'elle tire en renoncant � l'expression de son aversion pour l'aliment,
que ce b�n�fice soit plus grand que la g�ne que pourra provoquer son
abandon de cette expression.
Si la personne sait qu'on va se moquer d'elle parcequ'elle mange
d�sormais du fromage apr�s avoir jur� pendant 20 ans qu'elle ne le
supoortait pas, son corps va peser:
- la jouissance que lui apporte la consommation de l'aliment
- la soufrance que lui apportera, osus forme de collilbets, par exemple
le renoncement publique � son aversion envers le fromage
et si le rapport est suffisemment favorable � l'un ou � l'autre (je ne
connais pas le facteur de ce rapport, mais ce serait int�ressant
d'�tudier la question), le corps prend une d�cision.
Qui pourra-t-�tre en parfaite contradiction avec le fait que la personne
aime le fromage. Mais pour le corps, la d�cision sera pleinement
justifi�e. Aucun mot ne pourra lui faire croire le contraire.
Admettons que vous soyez une femme et qu'un beau jour vous vous mettiez
� avoir une relation entretenue et � caract�re sexuel avec une autre
femme qui se dit parfaitemnt h�t�rosexuelle.
QUe se passe-t-il? votre partenaire dit "noir" (je suis h�t�rosexuelle �
100%) et fait "blanc" (j'ai une vie sexuelle active avec au moins une
femme).
Il n'y a rien � dire. Pourquoi faire?
R�flissez: que gagne la personne qui se cache, � mettre une �tiquette
qu'elle ressent comme un p�ril, comme une source de soufrance, sur une
chose qui est d'ores et d�j� faite, accomplie, rendue existante?
Rien. Elle a tout � perdre, rien � gagner, selon elle. Et il est
possible qu'elle ait raison, quand on tient compte des m�mes param�tres
dont son corps tient compte.
A ce moment, il faut se demander ce qu'on veut accomplir. Est-ce
r�ellement dans l'int�r�t de la personne de lui faire dire ce qu'elle fait?
Bien souvent, dans la sph�re intime ou proche, �a n'a pas d'int�r�t.
Ce qui est fait parle de soit m�me. Ce qui est dit ne fait rien seul.
Ainsi pour faire parler les personnes qui disent le contraire de ce
qu'elles font, il suffit d'�couter le langage de leurs actes. Les actes
se constatent. Les mots se projettent.
Vous voulez connaitre les intentions d'un homme politique: regardez ces
actes et n'�coutez pas ses mots. PArcontre, il faut parfois consid�rer
que parler est un acte en soit. Les mots ne sont pas des actes, mais
leur prononciation, leur formulation, sont des actes.
Si je dis "Je suis un magicien", �a ne fait pas de mois un magicien. Si
je dis rien, mais que je vous change en grenouille, je n'ai rien dit,
mais �a fait de moi (� vos yeux) un magicien.
Je me permets de citer une de vos ineterventions d'il y a quelques mois:
> J'ai une question plus simple : pourquoi des gens malades, qui savent
> qu'ils sont malades, ne se soignent pas ?
cherchez la d�pendance. Cherchez celle qui maintient l'illusion d'un
�vitement maximal de la douleur. Et trouvez votre r�ponse.
Une derni�re chose: il me semble que la jouissance est interpr�t�e comme
une absence de soufrance par le corps. C'est important d'avoir �a en
t�te quand on cherche quelle soufrance peut bien vouloir �liminer un sujet.
Il me semble que la soufrance est simplement une transformation
volontaire d'une information en douleur. La volont� de cette
transformation est, en principe, conditionn�e par le d�veloppement d'un
r�lfexe associant syst�matiquement telle situation � une douleur
ressentie. Quand bien m�me la source de douleur objective disparait, la
soufrance peut rester. La douleur n'a parfois jamais exist�. C'est
parfois la perspective de la douleur, conditionn�e par une situation qui
a �t� constat�e et non pas v�cue, qui suffit � ce que le corps
ressente un soulagement d�celable en �vitant la situation qui semblait
avoir provoqu� la douleur chez autrui.
Exmple:
Je suis le sujet A et je vois, enfant, une sc�ne dans un film o� une
personne met les doigts dans une prise. Elle s'�lectrocute et hurle de
douleur. J'ai peu, je suis seul, cette sc�ne me fait peur. J'ai
parfaitement identifi� pouruqoi la personne que j'ai vue � la TV a eu mal.
Maintenant, je suis le sujet B, toujours enfant.
Ma m�re me dit: attention, il ne faut jamais mettre les doigts dans la
prise. C'est tr�s dangereux et �a fait tr�s tr�s tr�s mal.
Le message d�livr� est le m�me pour le sujet A et pour le sujet B.
A votre avis, qui passera sa vie sans mettre volontairement les doigts
dans une prise et qui mettra les doigts dans la prise dans un d�lai
assez court?
Ca rend l'exploration d'une personalit� d�liquate parceque celui qui
explore une personnalit� ne peut pas parler en direct avec le corps et
n'a pas le "registre" des �vn�nements catalogu�s comme "g�n�rateurs de
soufrance av�r�s" par le corps.
Je pense aussi qu'il est utile de se dire que les soufrances �vit�es
peuvent aussi �tre des jouissances provoqu�es.
Celui qui ne veut pas se soigner est quelqu'un dont le corps refuse
d'abandonner le simulacre de soulagement que lui aporte sa maladie.
Il existe alors deux solutions:
- soit prouver *par les actes* que la source de soulagement n'est pas
r�elle et qu'au contraire elle provoque de la soufrance.
- soit prouver *par les actes* que le soulagement apport� par les soins
sera bien plus grand que celui qui sert de pr�texte au refus des soins.
- soit faire les deux.
La faiblesse peut etre une soufrance
L'isolement peut en etre une
La culpabilit�, la douleur physique, la peur, ce sont des soufrances.
Le corps agit toujours pour limiter ses soufrances (= augmenter ses
jouissances), qu'il en soit persuad� par une illusion ou une r�alit�. Le
reste n'est que conventions.
Huey
PS: je ne suis pas m�decin. J'insiste. J'ai particip� � votre fil de
discussion juste pour partager une r�flexion personnelle.
Re: Parole et fausset�
Author: Max d'Ontario
Date: Wed, 27 Apr 2011 17:47
Date: Wed, 27 Apr 2011 17:47
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T'as rat� la philo � l'�cole Lis platon et tout rentreras dasn l'ordre tbeignet wrote: | Bonjour, | | Que penser des personnalit�s "fausses" (je ne porte pas ici de | jugement moral) par rapport � la parole ? | | Supposons que je vous fasse un beau discours contre le tabac, que je | d�batte avec vous, mais que je sois en r�alit� un fumeur qui va | allumer sa clope en sortant. Tout le discours avec moi ne sert � | rien ? | | Ou supposons que je pr�tende ne pas aimer quelque chose (aliment, | activit�...), mais que vous savez que le fait d'y toucher me plaira | certainement. Argumenter avec moi ne sert � rien ? | | Je ne parle pas ici des gens qui mentent consciemment, mais qui ne | sont pas vrais dans leur parole. | | Comment faire/parler avec les personnes de ce type ? En tant que | psychanalystes ou psychiatres, ou autre, si vous pouviez m'apporter | vos lumi�res, je vous en serai tr�s reconnaissant. | | Bien cordialement
Re: Parole et fausseté
Author: tbeignet
Date: Mon, 02 May 2011 18:37
Date: Mon, 02 May 2011 18:37
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On 27 avr, 15:42, Hueyduck <sea-15...@kaspop.com> wrote: > tbeignet a écrit : > > Bonjour, je prends la réflexion en cours et je me permets d'ajouter mon > grain de sel parceque j'ai réfléchi à ce sujet très récemment et il > m'intéresse. Je vous livre le fruit de ma réflexion. Elle n'est guère > argumentée, et c'est une réflexion dont le fruit est donc grandement > empirique. Merci beaucoup, j'ai tout lu. C'est très intéressant.
Re: Parole et fausseté
Author: tbeignet
Date: Mon, 02 May 2011 18:42
Date: Mon, 02 May 2011 18:42
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On 27 avr, 19:47, "Max d'Ontario" <m...@wanadoo.fr> wrote: > T'as raté la philo à l'école > Lis platon et tout rentreras dasn l'ordre (Quel texte ?) Rien ne t'empêche de développer un peu si tu veux...
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