Article View: fr.sci.philo
Article #5173Oh la la quelle horreur ! Re: A propose de Nietzsche
From: Etienne Jouin
Date: Fri, 06 Mar 1998 00:00
Date: Fri, 06 Mar 1998 00:00
172 lines
7799 bytes
7799 bytes
On Tue, 03 Mar 1998 09:00:52 +0100, Philippe <"ph.biteau@wanadoo.fr"@wanadoo.fr> wrote: (...ce qui va suivre...) EH BIEN, mon cher Biteau, laissez-moi vous dire ceci : QUAND ON REPOND A UN MESSAGE, ON SE DONNE LA PEINE DE LE FAIRE CLAIREMENT. Je me vois malheureusement oblig� de reposter votre r�ponse pour me la rendre lisible. Prenez donc la peine de ponctuer les prochaines fois, par au moins UN retour chariot, la diff�rence entre votre discours et celui de votre interlocuteur. C'est un minimum, quand on a la pr�tention d'�tre clair. Et les (...) quand on coupe un passage, ne sont pas malvenus, non plus. >Etienne Jouin (JE) wrote: >> >> Non, j'ai bien entendu : d'une source commune � l'antis�mitisme et � >> l'analyse nietzsch�enne. C'est bien ce que je r�cuse justement, >> j'affirme qu'une lecture PHILIPPE (LUI) wrote tout aussi bien : Il ne suffit pas d'affirmer, il faut prouver. Et peut-on r�cuser quelque >chose qui ne rel�ve pas des id�es, mais des faits, accessibles aux >historiens ? JE : >Le mot "loi" appara�t 64 fois dans ce texte, lequel est �difiant. LUI : >> Je n'ai pas le texte � port�e de la main. Mais on peut (peut-�tre, sous r�serve de v�rification) penser que dans une lettre aux Romains, >Saint-Paul sait qu'il parle � des gens de forte culture juridique, et >que la loi d�signe plut�t ce qu'un romain entend par l� que ce qu'un >juif entend par l�. Je doute qu'un Chr�tien de Rome sache vraiment ce >qu'est la loi juive ... qui ne lui serait sans doute pas vraiment apparu >comme un loi ! Voil� une objection !!! et de premier ordre. Vous auriez d� la mettre davantage en valeur... JE : >Je vois pas le rapport avec la fin du XIX�. LUI : >>Le rapport avec le XIX�, c'est que N. y vit...Et je ne vois pas pourquoi on ne r�f�rerait pas la pens�e d'un philosophe � son �poque, >qui l'a form� et o� il puise ses r�f�rences. Toute autre d�marche est >id�ologique. Je n'ai bien s�r pas dit qu'il faut r�duire, ou ramener, la >pens�e du philosophe � celle de son �poque. JE : >"Les pr�tres ont r�alis� cette merveille de falsification LUI : >> Vous ne trouvez pas ce texte tr�s dat� ? R�duire les interpr�tations religieuses du monde � une falsification, �a fait penser � >l'anticl�ricalisme du XVIII� si�cle. La science et la philosophie du >fait religieux pense bien autrement aujourd'hui ! JE : >Cela dit, il est bien �vident pour moi que " la valeur scientifique de >> la notion de peuple" ne repose sur rien d'autre que des crispations >> surrann�es. Ou alors d'un concept d'historien. LUI : >> C'est quoi, une crispation surran�e ? Voil� un concept qui m'�chappe. JE : >QUI PARLE DE COMPLOT ICI ? ***c'est bien l� ce que je >> reproche au rapprochement du travail nietzsch�en avec >> l'antis�mitisme*** : on ram�ne la question � un cas particulier (la >> r�ussite d'une certaine conception du pouvoir), et on attribue � cette >> r�ussite les pr�suppos�s d'un "complot". Alors que justement LA N'EST >> PAS L'INTERET ! LUI : >> Je ne comprends rien � votre objection. D�sol�. JE : >> L'�lite en question n'a pas � comploter. Il lui suffit de suivre sa >> logique [l'Ant�christ, 26]. Et c'est justement ce processus que >> Nietzsche a voulu expliciter. D'o� mon reproche : vous passez � c�t� >> de l'essentiel comme beaucoup, en ramenant toute la question � une >> juiverie. LUI : >> Je vous remercie de me pousser � l'humilit�. Sans doute n'ai je pas compris grand chose � N. Ce qui me rassure, c'est que nous sommes >nombreux dans ce cas. Encore qu'avoir tort avec tout le monde ne devrait >pas me rassurer. JE : >> L'essentiel qui est � saisir dans l'affaire, et c'est vraiment pas >> �vident je vous l'accorde, c'est l'art et la mani�re d'�tre d'une >> �lite (mais oui !), et la logique qui s'ensuit de "cet art et de >> cette mani�re d'�tre". LUI : >> (JE :Cela est transposable dans tout syst�me id�ologique.) LUI : Je ne comprends pas cette phrase. Que vient faire la notion de "syst�me >id�ologique" ici ? Quel rapport avec l'art d'�tre une �lite ? JE : >Pour paraphraser Nietzsche, le "g�nie juif" (les circonstances de >> l'histoire si vous pr�f�rez) LUI : La notion de g�nie juif, allemand, fran�ais ou autre chose est une pure >�nerie tr�s XIX�. Ces remarques de psychologie collective, qui prennent >les peuples pour des notions d�terminables, n'ont aucune valeur, ou peu >de valeur. C'est prendre le "peuple" pour une entit� une. Un peuple, >c'est une r�alit� diverse, complexe, contradictoire, fluctuante. Dans un >m�me peuple, on trouve tout et le contraire de tout. D'o� l'inanit� des >d�bats sur l'identit� nationale, si l'on entend par l� une essence >stable, quasi �ternelle, donn�e une fois pour toutes. L'avenir d'un >peuple est ouvert, dieu merci. Vous aurez du mal � me faire croire que >N. �chappe totalement � l'id�ologie nationaliste de son temps (en >Allemagne, mais il y a avait la m�me chose en France)en acceptant pour >argent comptant ce pseudo_concept de g�nie national. JE : >Je persiste � dire que N. a mis le doigt sur quelque chose d'ENORME : LUI : >Ne nous emballons pas... JE : >> l'arbitraire complet de toute conception morale LUI : Je ne pense pas que ce soit cela la pens�e de N., puisqu'au contraire il >montre la n�cessit� des conceptions morales ( au sens de leur >d�termination par une cause ou un ensemble de causes : le contraire d'un >arbitraire). JE : >et surtout sa non-ad�quation � la question de l'ontologie. LUI : >Une r�f�rence � l'ontologie chez N. ? Je suis surpris. JE : > En quoi, il est beaucoup plus moderne que vous ne pouvez l'admettre. LUI : >La modernit� est un concept m�diatique, pas philosophique. Qualifier de >moderne un philosophe qui a �crit des consid�rations dites inactuelles, >ou plus exactement intempestives (unzeitm�ssig, pas � la mesure du >temps) me semble assez audacieux. JE : >Encore une fois, la question centrale de N. est : "qui parle ? et pour >> dire QUOI ?" LUI : >>(silence r�veur. Qui parle, d'o� �a parle, �a sent son quartier latin des ann�es 70...) >Vous ne m'avez pas convaincu. mais vous �tes un interlocuteur coriace. >C'est bien. Je le dis sans aucune ironie. JE : Merci grandement, j'y penserai. J'en ai autant � votre sujet. Et puis, apr�s la remise en forme de votre message que je viens de faire (travail pas �vident), je vous comprends beaucoup mieux. Ce qui me permettra peut-�tre de vous r�pondre d'une fa�on un peu moins niaise ult�rieurement. eJ.
Technical Details
Message-ID:
<34ff5977.11952251@news.worldnet.fr>Path:
arc1-ca.pugleaf.net!unknown!not-for-mailReferences:
<6bp1em$37g$1@news3.Belgium.EU.net> <6ci5jf$p63$3@peuplier.wanadoo.fr> <34eccf3d.25177085@news.worldnet.fr> <6cmnla$c9p$1@peuplier.wanadoo.fr> <34f38f19.59003093@news.worldnet.fr> <6d15pv$8nk$1@peuplier.wanadoo.fr> <34faf34b.4890791@news.worldnet.fr> <6dgcis$f9n$1@peuplier.wanadoo.fr>Show Full Headers
Complete Article Headers
X-Google-Language: FRENCH,ASCII X-Google-Thread: fc67e,4e4516ef6f74086e X-Google-Attributes: gidfc67e,public X-Google-Thread: 11160f,4e4516ef6f74086e X-Google-Attributes: gid11160f,public X-Google-Thread: f55d3,4e4516ef6f74086e X-Google-Attributes: gidf55d3,public From: cjouin@worldnet.fr (Etienne Jouin) Subject: Oh la la quelle horreur ! Re: A propose de Nietzsche Date: 1998/03/06 Message-ID: <34ff5977.11952251@news.worldnet.fr> X-Deja-AN: 331277462 References: <6bp1em$37g$1@news3.Belgium.EU.net> <6ci5jf$p63$3@peuplier.wanadoo.fr> <34eccf3d.25177085@news.worldnet.fr> <6cmnla$c9p$1@peuplier.wanadoo.fr> <34f38f19.59003093@news.worldnet.fr> <6d15pv$8nk$1@peuplier.wanadoo.fr> <34faf34b.4890791@news.worldnet.fr> <6dgcis$f9n$1@peuplier.wanadoo.fr> Organization: ecce homo Newsgroups: fr.sci.philo,af.philo,fr.soc.divers